Sale temps pour le langage. Sale temps pour le passé. Sale temps pour l’être humain. D’ailleurs, il l’a bien mérité. Ce salopard s’obstine à avoir un sexe, une histoire, une géographie, une culture − en un mot une incarnation. C’est dégoûtant.

Heureusement, la BBC veille. B-B-C : si vous êtes un être de Progrès, ces trois lettres doivent vous évoquer l’image de courageux journalistes prêts à se sacrifier pour nous montrer ce qu’on veut nous cacher et dire ce qu’on voudrait taire. Information, impertinence, indépendance : l’audiovisuel public britannique est un résumé de tout ce que les médias ont apporté au monde et à la démocratie. La vieille dame a même inventé les Guignols de l’info − en l’occurrence leurs lointains ancêtres −, c’est dire.

Pour tout vous dire, jusqu’à ces derniers jours, je n’avais vraiment rien contre la radio-télévision de Sa Gracieuse Majesté où l’on parle un anglais qui fleure le thé et le cricket. Et puis, l’indépendance, c’est bien. Surtout quand on l’affiche par rapport à l’air du temps autant qu’à l’égard du pouvoir politique.

Il y a quelques jours, le Daily Telegraph révélait que la chaîne voulait bouter hors des ondes et écrans les expressions « avant Jésus-Christ » et « après Jésus-Christ », cette brillante idée ayant été émise par ses « spécialistes de déontologie ». Non, ce n’est pas une blague.

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