Cela n’étonnera que ceux qui ne le connaissent pas : des innombrables carrières qui s’offraient à lui, Beffa a choisi la seule à laquelle aucun diplôme ne le prédestinait. Son parcours n’étant pas celui d’un surdoué, mais de sept ou huit, il avait pourtant le choix. Passé par l’ENSAE, Cambridge et l’ENS où il est reçu premier, diplômé entre autres d’histoire, d’anglais et de philosophie, agrégé de musique et docteur en musicologie, il obtient huit (!) premiers prix au Conservatoire de Paris. Mais donc, c’est cocasse, pas celui de composition. N’allez pas croire qu’il soit moins doué pour ça que pour le reste, au contraire. Simplement, en 2001, il n’était pas permis, dans le cadre institutionnel, d’écrire ce genre de musique, hédoniste et ouvertement tonale. Honte à qui s’avisait de trop regarnir la table rase. Les avant-gardes donnaient le la, l’atonalisme était roi, et les incrédules étaient traités comme des incroyants.

La situation a découragé plus d’un jeune compositeur. Pas Beffa, dont les vents contraires semblent avoir très tôt aiguisé l’inspiration et stimulé la malice. Le voilà, jeune étudiant, qui se met en tête de faire jouer sa musique par l’orchestre du Conservatoire. Impossible ? En théorie, oui.

 

Dernier CD: Blow Up, IndéSENS, 2016.

György Ligeti, Fayard, 2016.

Les Coulisses de la création, Flammarion, 2015, avec Cédric Villani.

Comment parler de musique? (leçon inaugurale au Collège de France), Collège de France/Fayard, 2013.

A paraître en octobre 2016: Karol Beffa (dir.), Les nouveaux chemins de l’imaginaire musical, éditions du Collège de France.

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