« L’important, c’est de participer »… Cette expression de Coubertin, l’inventeur des Jeux Olympiques modernes, a longtemps collé à la peau du sport français mais aussi et surtout du mouvement olympique français : 1992, 2008, 2012… Le CNOSF et les gouvernements successifs, de droite ou de gauche, auront poussé les candidatures de Lille mais surtout de Paris pour obtenir les « olympiades » d’été depuis maintenant une trentaine d’années.

Le dernier échec en 2012, retentissant, au profit de Londres, est encore présent dans tous les esprits.

Mais, balayé, oublié, je me fous du passé : on les a, ça y est, c’est bon, on triomphe à l’usure de Los Angeles et on organisera l’épreuve des Jeux Olympiques d’été en 2024 à Paris ! Enfin, à Paris, Saint-Denis, Versailles, Colombes, Nanterre, Vaires-sur-Marne etc. et même à Marseille !

Dans un septennat, on sera déjà en plein dedans. Dedans, oui, mais dans quoi ? Une belle fête, unique dans notre vie ?  Ou bien un calvaire sans fin ?

A ma droite, les inconvénients :

Le budget

C’est peut-être l’épreuve olympique la plus difficile mais aussi la plus disputée, puisque, pour les Jeux d’hiver (Sotchi) et d’été (Rio, Londres, Athènes ou bien Montréal qui a épongé la dette de 1976 en…2006) c’est à se demander quelle ville sera la plus capable de l’exploser.

Combien l’Etat, les collectivités locales – avec nos impôts – pourront-ils mettre pour construire les infrastructures sportives, d’aménagement et de transports ? Les organisateurs ont beau jeu de nous dire que la grande majorité des équipements existe déjà, le Stade de France lui-même approchera gentiment de ses 30 ans d’existence et devra forcément être rénové.

Les travaux

Verrons-nous plus de bouchons à Paris, sur le périphérique, sur l’A86… qu’il est possible d’en créer aujourd’hui ? Les chantiers des super-métros et des infrastructures sportives ou de support (centre de presse du Bourget, centre nautique à Saint-Denis, Porte de Versailles, Bercy, aménagement du Champ-de-Mars, des Invalides, du château de Versailles…) et les probables fan-zones (non localisées à ce jour) nous esquissent déjà la réponse.

La probable hausse des prix

Combien coûtera un demi en terrasse, un café sur le zinc, un paquet de coquillettes chez Franprix, une chambre d’hôtel ou une piaule Airbnb près de tous les lieux olympiques ? Devant la masse de touristes/supporters, dont certains à très fort pouvoir d’achat, les commerces auraient tort de se priver…

Une billetterie nationale?

Comment, alors que les franciliens et Marseillais vont, disons-le poliment, accompagner les JO, pourront-ils assister aux rencontres ? Le CNOSF pourrait-il favoriser, à travers des quotas, les habitants (et pas les VIP people et commerciaux…) qui souhaitent voir une ou des rencontres d’une ou plusieurs disciplines sur un ou plusieurs sites et sur un ou plusieurs jours ? Si la vente se fait  sur internet uniquement, alors un Parisien n’aura pas plus de chances d’aller voir « ses » JO qu’un Moscovite ou qu’un Tokyoïte.

Les ravages de la publicité

Si les JO ont la particularité de voir des bannières sans sponsors sur les gradins, en revanche les villages et « clubs » des grandes nations en regorgent, et il y a fort à parier que de grandes bâches (pour des travaux par exemple) recouvrent divers bâtiments de Paris, enlaidissant ainsi nos quartiers. En outre, le CIO et ses juristes seront implacables devant toute utilisation des termes « olympiques », « Paris 2024 », « Jeux d’été », etc. qui pourraient fleurir ici ou là. Certains cafetiers, patrons des bars « L’Olympique » risquent d’avoir des sueurs froides.

Télé: en clair ou en crypté?

Oui, on va « en bouffer ». Mais… gratuitement ? A voir. L’enjeu financier est colossal pour les chaînes de télé, ce sera le contrat de leur vie pour les responsables des sports de nos diffuseurs. Rappelons que la dernière grande compétition organisée en France, l‘Euro 2016 de football, avait seulement vu 33 rencontres être diffusées gratuitement sur les 51 disputées, quand en 1998 toute la Coupe du monde l’était… France Télévisions et TF1 pourront-ils résister à Canal +, BeIn sports, SFR voire d’autres acteurs multimédias ?

Les conséquences politiques

Gageons que des manifestations politiques d’envergure, type G20, comme on a pu en voir par le passé, devraient fleurir à Paris d’ici là. Et peut-être même que des délégations de pays où la France est engagée militairement ou en forts désaccords diplomatiques pourraient d’une façon ou d’une autre exprimer leurs désaccords politiques en profitant de la caisse de résonance des Jeux.

L’insécurité

Les fan-zones, les stades, les transports en commun… autant de cibles potentielles pour provoquer le chaos.

Sombre tableau. Que l’on peut tenter d’éclaircir.

A ma gauche, les avantages :

La fierté

Tout bonnement. Alors oui, tout le monde n’est pas obligé d’aimer le sport, et n’est pas sensible au fait que la capitale soit le centre du monde pendant 15 jours, ou bien encore qu’on fasse découvrir des installations alliant modernisme (92 Arena) et classicisme (Grand Palais). Mais il y a de cela : la fierté de voir une rafle de médailles tricolores (le bilan des pays organisateurs est souvent accru par le fait de jouer à domicile), la fierté de montrer au monde la beauté de Paris, la fierté de montrer qu’on est capable d’organiser un événement mondial sans équivalent.

L’avenir sportif

Chaque fois qu’une équipe ou qu’un sportif s’illustre lors des JO, le nombre des licences des disciplines concernées explosent à la rentrée. Beaucoup d’enfants qui ont vu Lavillenie, Riner ou Manaudou briller se sont mis à faire de l’athlétisme, du judo ou de la natation. Ce sera le cas puissance 10 avec les Jeux à Paris, ce qui sera bon pour la masse de pratiquants et pour l’élite française.

Les installations

Certaines resteront pour de bon ; d’autres se seront refait une beauté.

Le tourisme

Les images télévisées donneront ou redonneront envie aux gens de découvrir Marseille, Versailles, Paris. Et qui sait,n Saint-Denis Quoi qu’il en soit, les communes concernées verront leur notoriété grandir à l’international. A elles d’en profiter par la suite.

Gros plan sur le handicap

L’organisation des Jeux paralympiques, quelques jours après, va de pair avec celle des JO. L’occasion de surfer sur la vague Paris 2024 pour améliorer la connaissance et la reconnaissance des athlètes paralympiques et au-delà des personnes non-valides en France.

La joie

Tout simplement. Celle de participer à une énorme fête, la seule de ce type dans notre vie.

 

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