Jean-Claude Juncker, premier ministre du Luxembourg, est un homme politique à l’ancienne. La preuve ? Quand il reçoit un journaliste (en l’occurrence, votre serviteur[1. Cet entretien avec Jean-Claude Juncker paraîtra fin avril dans la livraison du printemps 2012 de la revue trimestrielle Politique internationale.]) dans son modeste bureau situé dans la vieille ville de la capitale du Grand-Duché, il fume à la chaîne des cigarettes tirées d’un étui en argent. Vintage, isn’t ? À 57 ans – l’âge de François Hollande –, Juncker semble cependant plus près de la sortie du groupe de tête des dirigeants des pays de l’UE que de l’augmentation de son influence à Bruxelles.

Depuis 2005, son expérience, sa double culture, française et germanique[2. Comme la plupart de ses compatriotes, Jean-Claude Juncker est parfaitement bilingue français-allemand, et pratique dans l’intimité le letzebuergesch, dialecte germanique vernaculaire du Grand-Duché. Il est diplômé de droit de l’université de Strasbourg.], son art de fignoler des compromis en avaient fait l’inamovible président de l’Ecofin, qui rassemble une fois par mois tous les ministres des Finances de l’UE.

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