Hier dimanche et aujourd’hui jusqu’à 15 heures, se tiennent en Italie les élections législatives et sénatoriales. De ce coté-ci des Alpes, il semble que cela n’intéresse pas grand-monde, les Français ont toujours préféré Hitler à Mussolini. Je place quelques rires en arrière-fond comme dans les feuilletons de la grande époque lorsque monsieur Douglas essayait de faire sortir la vache du living room (Les Arpents verts). Passons, quelles sont les forces en présence ?
L’inévitable et inénarrable Cavaliere est toujours présent avec sa coalition de droite : Le peuple de la liberté, qui regroupe en son sein la Ligue du Nord et le Grand Sud. Au centre gauche, Bersani et « Italie bien commun », la énième coalition agrégée autour du Parti démocrate. Au centre droit, nous avons le camarade Monti et son fameux agenda Monti pour l’Italie, « rigor montis » comme le surnomme le délicieux Beppe Grillo, qui va possiblement passer devant ce dernier avec son mouvement Cinq Etoiles. Puis la lanterne rouge, la gauche : Révolution Civile », la coalition nouvelle née autour du magistrat anti-mafia Antonio Ingroia et des communistes maintenus.
Une des inconnues majeures de ce scrutin est le score de « Cinq Etoiles » qui, dit-on, fait trembler les marchés financiers et monétaires mondiaux. Je ne puis résister au plaisir de vous traduire (de l’anglais because I don’t speak Italian, mamma mia !) la fin du « discours introductif » de Beppe lors de son ultime meeting électoral, vendredi à Rome :
« La reconstruction de l’Italie peut maintenant commencer sur les bases de la justice sociale, de l’équité, de la communauté et de la solidarité. L’Italien a perdu l’idée de la beauté, du bonheur et même de la conscience de soi, de sa valeur propre et de son identité personnelle. Nous pouvons avec succès sortir des ténèbres et revoir les étoiles une nouvelle fois. L’étendue de la tâche ne nous arrêtera pas, si chacun joue son rôle et si, sans peur, nous nous engageons. Nous somme l’Etat et ils nous ont convaincus du contraire. Ils nous ont persuadés que l’Etat, ce sont les partis, les banques, le fisc,  la bureaucratie inflexible avec les honnêtes gens. Il nous ont convaincus que la démocratie, c’est être un vassal et que se rebeller c’est du populisme, du « qualunquisme », de l’apolitisme.  À Rome, nous devons faire entendre notre voix. Elle doit résonner jusqu’à Sydney, Buenos Aires et Pékin. Elle doit proclamer  que la démocratie est de retour en Italie, que nous sommes venus et que nous ne repartirons jamais. Les Italiens sont indestructibles, ils ont tenté par tous les moyens de les affaiblir, de les appauvrir, de les soumettre, mais personne n’a encore réussi sur la durée. Durant ce long voyage à travers l’Italie de demain, j’ai vu des milliers de visages heureux, des gens souriants, illuminés par l’espoir d’un futur, et cet espoir, ce bonheur sont déjà présents en ceux qui leur donnent la conscience du changement. Nous avons déjà changé l’Italie. Nous avons déjà gagné. Ça y est, nous sommes à Rome. Chacun ici présent racontera à ses petits-enfants : « Moi aussi j’étais place San Giovanni le jour où l’Italie changea ». Venez tous à Rome le 22 février! Rendez-vous au parlement ! Ce sera un plaisir. ».
Vous en connaissez beaucoup des politiques qui diraient que « les Français sont indestructibles » sans craindre d’être démonisés par les indignations des humanistes et les ricanements des humoristes ? Alors, souhaitons Buona Fortuna à Beppe Grillo et à Cinque Stelle !

Arrivederci.

*Photo : Criss!

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