Donald Trump, aux côtés de sa femme Mélania, lors du traditionnel bal d'investiture, 20 janvier 2017.

Le testament politique de John Kerry (8 janvier)

Après le vote de la résolution du Conseil de sécurité condamnant la colonisation israélienne, j’ai été convié à participer à une manifestation de solidarité avec Israël et à prendre la parole. J’ai décliné cette invitation du Crif. Je ne l’ai pas fait de gaieté de cœur : je déteste hurler avec les loups et l’unanimité contre Israël m’inquiète toujours. Mais il se trouve que j’ai lu intégralement la longue allocution prononcée par John Kerry pour expliquer la décision des Américains de ne pas mettre leur veto à ce texte. Le discours de Kerry est admirable. Avec un tact et une rigueur exemplaires, il rappelle que l’administration Obama a bloqué tous les efforts de délégitimation de l’État juif. Il souligne l’ampleur du soutien militaire des États-Unis à cet État. Il insiste sur le caractère personnel de son engagement. En 1986, il a fait son premier voyage en Israël, il est allé à Massada et sur les hauteurs du Golan et, mesurant l’étroitesse de son espace aérien, il a pu se rendre compte par lui-même du besoin de sécurité d’Israël. Et Kerry condamne non seulement le terrorisme mais le double langage de l’Autorité palestinienne. Il n’a pas de mots assez durs pour critiquer le Hamas qui, au lieu d’assurer une vie décente aux habitants de Gaza, détourne les matériaux de construction pour bâtir des tunnels et menacer ainsi Israël d’attaques meurtrières contre les civils. Il ajoute que les colonies ne sont pas la seule ni même la première cause du conflit, mais il dit que les implantations qui se multiplient à l’est de la barrière de sécurité n’ont pas pour but de renforcer la sécurité d’Israël : elles alourdissent le fardeau sécuritaire qui pèse sur Tsahal.

Il affirme que seule la solution de deux États peut permettre à Israël de rester un État juif et démocratique. Il dit qu’avec la multiplication des implantations, les Palestiniens vivent dans des enclaves séparées. Et il pose cette question limpide et profonde : « Quel Israélien accepterait cela ? »

Je ne suis pas de ceux qui fuient dans les postures morales les dures réalités de l’histoire. J’ai lu attentivement la charte terrifiante du Hamas et je sais que cette organisation pourrait prendre le pouvoir dans

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Alain Finkielkraut
philosophe et écrivain.Dernier livre paru : La seule exactitude. (Editions Stock).