François-Xavier Prévost, 29 ans, habitant de Lambersart (Nord), a été assassiné le 13 novembre alors qu’il assistait avec deux amis au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Sa sœur Emma, invitée comme les autres proches de victimes des attentats à participer aux cérémonies de l’hommage national vendredi 27 novembre, n’y ira pas. Sur sa page Facebook, elle explique les raisons pour lesquelles elle et sa famille ont décidé de refuser « cette main tendue par les représentants politiques de la France » :

« Parce qu’en France, les attentats perpétrés du 7 au 9 janvier de cette année ont fait 17 victimes, que depuis, rien n’a été fait [..].

Parce qu’en France, il est possible d’être en lien avec un réseau terroriste, de voyager en Syrie, et de revenir, librement [..].

Parce qu’en France, des personnes fichées S (pour « atteinte à la sûreté de l’État » ou visées terroristes) circulent librement [..].

Parce qu’en France, 89 mosquées sont recensées comme étant radicales, c’est-à-dire qu’elles appellent ou profèrent la haine. Qu’il a fallu attendre les événements tragiques du 13 novembre pour que se pose enfin la question de leur dissolution.

Parce qu’en France, un homme ayant perpétré un homicide en 2006, condamné en 2008, est libre en 2013. Parce que ce même homme n’a pas peur de dire à la France entière après avoir hébergé plusieurs jours des terroristes « On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service » [..].

Parce que les représentants de l’État français ont décidé de mener des raids aériens contre l’État Islamiste en Irak puis en Syrie sans se soucier de préserver, avant d’agir, la sécurité de leurs concitoyens. »

Au nom de la famille de François-Xavier Prévost, Emma conclut en s’adressant à François Hollande, ainsi qu’à la classe politique, avec ces mots terribles : « Votre main tendue, votre hommage, nous n’en voulons pas et vous portons comme partie responsable de ce qui nous arrive ! C’est plus tôt qu’il fallait agir. Les attentats du mois de janvier auraient dû suffire ! »

Marc-Philippe Daubresse, député-maire (les Républicains) de Lambersart et candidat sur la liste de Xavier Bertrand aux régionales,  a publié sous ce statut Facebook le commentaire suivant : « Onze mois de perdus, je suis en colère : on ne peut s’empêcher de se demander combien de vies auraient pu être sauvées si les pouvoirs publics avaient agi plus tôt. »

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Manuel Moreau
est journaliste et syndicaliste.