François Hollande sur le perron de l'Elysée, mars 2017. SIPA. AP22024449_000003

Avec sa tête pépère on pourrait penser que le président de la République penche plutôt pour la soupe poireaux-pommes-de-terre. Le pot au feu lui irait aussi avec son côté bonhomme. Et en tant que régional de l’étape – la Corrèze – on peut imaginer qu’il fait ses délices de la bourriquette et de la soupe aux châtaignes. C’est méconnaître ses qualités imaginatives et ses talents culinaires.

L’autre jour à l’issue d’une réunion européenne il a révélé aux populations ébahies sa nouvelle recette. En nous demandant de laper cette soupe avec appétit. Il s’agit d’une création vraiment originale qui doit tout à l’actuel (mais pas pour longtemps) occupant de l’Elysée. Qu’on en juge.

Mieux vaut en rire

François Hollande a en effet cru bon d’appeler les Européens à s’unir contre le nationalisme, l’extrémisme et le souverainisme ! On se pince. Mais non, on ne rêve pas ! Le souverainisme assimilé aux ingrédients obligés des « heures les plus sombres de notre histoire »… Le souverainisme savamment mélangé à d’autres « ismes » pas très ragoutants… François Hollande ne recule ni devant le grotesque ni devant le mensonge.

On peut s’en indigner : mieux vaut en rire. On notera que le président de la République s’est prudemment abstenu d’ajouter à sa tambouille le djihadisme et l’islamisme. Ce qui aurait été mal reçu par la population du 9-3 où il aime se rendre.

Le président de la République s’est donc contenté de sa soupe (très consensuelle) au souverainisme. Je vois d’ici bondir les fins gourmets, très nombreux parmi les contributeurs de Causeur, écœurés et meurtris qui estiment à juste titre que le souverainisme ne peut être mêlé à l’extrémisme et au nationalisme.

« Touillez, touillez, il en restera quelque chose »

Nous n’avons que faire de ces précieuses affèteries ! Et il nous plait d’imaginer comment la recette de François Hollande peut prendre corps. Quel bonheur que de voir Elisabeth Lévy et Natacha Polony se livrant à des sauvages étreintes avec Victor Orban, le nationaliste hongrois ! Et comment ne pas se pâmer d’admiration devant le spectacle de Marc Cohen déclarant fougueusement sa flamme à la Polonaise Béata Szydlo, une extrémiste catholique de première ?

Mais il nous faut aussi regarder plus loin. Vers l’Est et le grand large. Tout ce beau monde embringué dans une partouze planétaire avec Vladimir Poutine et Donald Trump. Ça, ça aura de la gueule ! Une soupe piquante et relevée… Tartuffe disait : « calomniez, calomniez il en restera quelque chose ». Le chef marmiton de l’Elysée se contente, lui, d’un « touillez, touillez, il en restera quelque chose ». Et ça veut dire exactement la même chose que Tartuffe.