Le président a encore frappé, pour la plus grande joie de la presse étrangère qui assiste, hilare, aux bouffonneries françaises. Et quel coup ! Non content d’avoir à assumer l’une des conférences de presse les plus importantes de son quinquennat… il se complique la tâche en ajoutant à son personnage une composante people à connotation sexuelle qui ne laissera pas d’intéresser ses interlocuteurs. Alors qu’il doit répondre dans le détail d’un hypothétique « revirement politique» annoncé à mi-mots lors de ses vœux aux Français, il risque d’être entraîné malgré lui sur le terrain privé qui parasitera la clarté –déjà incertaine- de son discours…

Soyons optimistes, ceci est une bonne nouvelle ! Avouez qu’après les révélations sur sa défaillante prostate, nous étions, par association d’idées, inquiets pour sa virilité.  Mesdames et Messieurs, soyez rassuré, le Président se porte bien, il a toujours pour la gent féminine des honneurs  réguliers… Ouf !

Les anglais, que le french bashing n’effraie pas, ne boudent pas leur plaisir… Ainsi peut-on lire dans le Times : « les révélations de Closer vont mettre à rude épreuve les relations entre le chef de l’Etat et sa compagne Valérie Trierweiler, la première dame française. Elles soulèvent également des questions sur le bon sens du Président et ses dispositions de sécurité… ». S’agissant d’un chef d’Etat, c’est embarrassant.

Mais la France n’est pas sa voisine d’outre-Manche. Bien des présidents ont entretenu des relations adultères dont la rumeur se propageait aussi. Un sondage – qui rassure notre homme- indique d’ailleurs que 84 % des français affirment se moquer totalement des frasques présidentielles  – ces dernières ne changent pas leur opinion sur le personnage- et 75 % affirment qu’il s’agit d’une affaire privée.  Pourquoi se précipiter alors sur Closer ou sur internet ?

Si cette affaire est réellement d’ordre privé, alors pourquoi nous infliger, par les voies officielles, les réactions de la « première compagne » à ce psychodrame ? Pourquoi étaler ainsi la langueur et l’hospitalisation provoquées par cette relation que l’on ne peut même pas qualifier d’adultère ?

En voulant à tout prix incarner un président normal – citoyen lambda – et en défiant, dès le début de son mandat, la famille et le mariage « traditionnel » par voie fiscale autant que sociétale, François Hollande a déprécié du même coup la fonction présidentielle et la notion de couple. Il a imposé en force une « Première Copine » dont la contestable légitimité est fondée sur son bon-vouloir du moment. Quoi d’étonnant à ce que le respect qu’il exige à l’égard de sa vie personnelle et de son « couple » ne lui soit pas accordé ? Il s’est exposé lui-même à cette déferlante médiatique. Tout comme Valérie Trierweiler qui ne s’était pas montrée particulièrement classe avec Ségolène Royale.  Pourquoi exiger des autres une élégance que lui-même refuse à ses concitoyens ?

Comme on fait son lit, on se couche !

 *Photo : Christophe Ena/AP/SIPA. AP21507633_000013.

Lire la suite