Avant-hier soir, Jean-Pierre Chevènement a solennellement déclaré « soutenir » François Hollande dès le premier tour, comme il l’avait fait en 2007 avec Ségolène Royal. Dès hier matin, il se rendait à Canossa, pardon à Solferino, pour y tenir une conférence de presse conjointe avec le candidat qui veut « donner du sens à la rigueur ». Bien sûr, les mauvaises langues (ou les analystes politiques, mais est-ce bien différent ?) expliqueront que le chapelet de circonscriptions, pour la plupart ingagnables, lâché par le PS au groupusculaire MRC, a joué son rôle dans la négociation…

Mais la grande hache de l’histoire retiendra autre chose que ces manœuvres d’appareils. Le jour même où Chevènement ralliait Hollande sur le plateau de Laurence Ferrari, un de ses amis de quarante-cinq ans prenait une décision radicalement différente. Didier Motchane, cofondateur du Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES) avec Chevènement, Sarre, Charzat, Guidoni et les autres, a en effet officiellement apporté son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle de 2012. Sur le site du Parti de Gauche, Motchane explique voir en Mélenchon l’un des « résistants à l’ordre établi capitaliste » digne héritier de « l’esprit du socialisme ».

Rappelons qu’à leur sortie de l’ENA, en 1965, Chevènement et Motchane avaient rédigé sous le pseudonyme de Jacques Mandrin un petit libelle mordant, L’énarchie ou les mandarins de la société bourgeoise. De l’électeur de Hollande ou de celui de Mélenchon, la postérité dira lequel a été le plus fidèle au legs socialiste du CERES. En attendant, le bifrons Jacques Mandrin ne sait plus où donner de la tête…

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