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Hollande ne mérite pas l’investiture

On les avait pourtant prévenus, ces veaux d’électeurs. Pour commencer, François Hollande a été élu avec une majorité ridicule, à peine un gros million de voix d’avance. Il faudra d’ailleurs songer à se débarrasser un de ces jours de l’Outre-Mer. Ces îles où personne ne fout rien, où tout le monde vit avec un RSA, où des milliers de fonctionnaires nationaux, territoriaux, municipaux nous coûtent les yeux de la tête et nous ne rapportent rien et se permettent en plus de voter massivement à gauche.

Cette courte victoire, si le président Hollande avait été un peu sport, il l’aurait concédée à son adversaire, Nicolas Sarkozy dont la fausse défaite est en fait un vrai triomphe. Tout le monde sait que le sortant a réussi une formidable remontée et que ce n’était qu’une question de calendrier (encore une ou deux petites semaines de campagne) pour qu’il double sur le fil l’usurpateur François Hollande.

C’est donc la conception sectaire du socialiste qui l’a empêché dans son premier discours du Tulle, le soir du 6 mai, d’accomplir ce qui aurait été un vrai geste d’homme d’Etat, qui l’aurait fait entrer dans l’histoire en annonçant son retrait de la vie politique puisque son coup de chance privait le peuple invisible de son candidat naturel, Nicolas Sarkozy.

Ensuite, les bourdes indignes se sont enchainées. Plutôt que de rentrer à Paris dans un convoi de Scénic, ou pourquoi pas à pied, ce qui aurait été un symbole fort de sa « normalité » pour arriver à Paris vers cinq heures ou six heures du matin, il s’est cyniquement dirigé vers l’aéroport de Brive-Dordogne où l’attendait une véritable armada de Falcon (au moins trois d’après Jean-François Copé qui est un garçon sérieux et de bonne foi, c’est bien connu.)

Evidemment, ce n’est pas tout. A peine arrivé à Paris, il s’est rendu place de la Bastille et n’a pas hésité à remercier le peuple de France, ce qui ne manque pas d’air, puisque la place était remplie d’allogènes à drapeaux, comme autant de prodromes de la guerre ethnique qu’il se fera un plaisir d’entretenir pour mener sa politique, digne héritière de l’Anti-France. Ce n’est pas difficile, on n’avait pas vu ça depuis l’élection de Chirac en 2002 où, au moins, face à la marée de drapeaux tunisiens, algériens, palestiniens, la première dame de France, Bernadette Chirac, avait eu sa tête des mauvais jours alors que son mari, comme d’habitude, faisait semblant de ne rien voir. Mais Chirac n’a-t-il pas appelé à voter Hollande ? Tout se tient, on vous dit…

Comme il a du être soulagé, en revanche, François Hollande, devant cette foule de la Bastille après celle de Tulle qui ne brandissait, elle, que des drapeaux tricolores et devant une cathédrale. C’est qu’on aurait pu le prendre pour le président d’une France repliée, rurale, presque gaulliste et si peu ouvert au vent du grand large européen. Et il faut tout de même parler du statut conjugal de François Hollande. Une concubine à l’Elysée. Sarkozy n’était que divorcé. Il fera comment Hollande, quand il sera invité par le Pape et qu’il sera toujours à la colle avec une journaliste de la presse people ? Il ira seul comme Sarkozy, en se faisant accompagner de personnalités incontestables comme Bigard ? Mais trouvera-t-il l’esprit et la finesse d’un Bigard dans son propre camp empli de faux humoristes pavloviens tout à coup privé de leur os sarkoziste ?

Mais le cauchemar ne s’arrête pas là : l’arrivée de François Hollande semble par ricochet, sérieusement ébranler la politique de rigueur et d’austérité germano-bruxelloise qui commençait tout juste à montrer ses résultats heureux sur le continent. Dans ce domaine, le bilan de François Hollande est proprement terrifiant : il a réussi, alors qu’il n’est même pas officiellement en fonction, à faire revenir les Indignés sur la Puerta del Sol et dans toute l’Espagne, il vient de rendre la Grèce définitivement ingouvernable en mettant en tête de la gauche Syriza, un genre de Front de Gauche hellène et last but not the least il a provoqué une lourde défaite du parti d’Angela Merkel dans le land de Rhénanie-Nord-Westphalie qui perd onze points et connaît son score le plus bas depuis la guerre.

Point de détail, sans doute, mais qui ne manquera pas d’alerter les partisans du bon goût en matière d’art qui firent florès sous le précédent quinquennat, la première exposition que visita François Hollande fut une exposition Buren. Si, si celui qui par ses odieuses colonnes a défiguré le Palais Royal. Avec raison, Guy Debord voyait en Buren, la plus sure expression « d’un néo dadaïsme d’Etat. »

Et on sait de Dada à Ubu, il n’y a qu’un pas. Et dire que son investiture n’a même pas eu lieu…


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Jérôme Leroy est écrivain et membre de la rédaction de Causeur. Dernier roman publié: Vivonne (La Table Ronde, 2021)

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