Le renoncement de François Hollande (14 décembre)

« Je suis prêt », affirmait, il y a peu, François Hollande dans un grand entretien publié par L’Obs. Lors d’une conférence prononcée à l’invitation des fondations Terra Nova et Jean Jaurès, il avait même esquissé les grands axes de sa campagne. Et puis est paru l’ouvrage de Gérard Davet et Fabrice Lhomme : Un président ne devrait pas dire ça. Ça, ce sont les commentaires médisants et les confidences débridées d’un chef d’État qui, au lieu de méditer, de se promener, de rencontrer, de lire, a occupé le peu de temps libre que lui laisse son épuisante fonction à s’écouter parler devant deux journalistes. Piégeant Narcisse par la simulation de la connivence, ces journalistes ont réalisé le grand rêve de la profession depuis le Watergate : contraindre à l’abandon le détenteur du pouvoir suprême. Et ils l’ont fait, cette fois, avec la participation de leur victime. Celle-ci, il est vrai, était déjà bien mal en point avant ce coup de grâce. Et ce qui l’avait plongée dans des abîmes d’impopularité, c’était, outre sa politique économique erratique, un événement en apparence mineur : l’affaire Leonarda.

Le 9 octobre 2013, cette jeune fille d’origine kosovare avait été appréhendée par les gendarmes lors d’une sortie scolaire et expulsée avec sa famille qui, après avoir épuisé toutes les voies de recours, venait d’être définitivement déboutée du droit d’asile. Dix jours plus tard, François Hollande est intervenu à la télévision pour confirmer l’éloignement de la famille et pour dire que Leonarda pouvait revenir seule en France achever ses études. Celle-ci lui a aussitôt répondu par le même canal qu’il n’était pas question pour elle d’abandonner ses parents et qu’elle entendait bien faire plier le gouvernement.

Pourquoi François Hollande a-t-il commis cette imprudence fatale à son autorité et à son prestige ? Parce qu’entre le 9 et le 19 octobre, les lycéens étaient descendus dans la rue, qu’ils menaçaient de reprendre le combat après les vacances de la Toussaint et qu’ils avaient le soutien d’une grande partie de la classe médiatico-intellectuelle. Ces manifestants et ces vigilants attendaient un geste du président de la République et ce geste, François Hollande s’y est d’autant plus volontiers résolu que, depuis le tournant de la rigueur choisi par François Mitterrand en 1983, l’antiracisme est devenu le nouveau cheval de bataille du progressisme.

La gauche compensait par la lutte contre toutes les discriminations son virage libéral. D’où Leonarda. D’où le mariage pour tous. D’où le fossé qui s’est creusé entre le néo-progressisme et le nombre toujours croissant de Français qui ne supportent plus d’être cloués au pilori parce qu’ils sont inquiets pour le destin de leur patrie et qu’ils tiennent à ce que celle-ci puisse, sans se renier, persévérer dans son être.

La tragédie d’Alep (18 décembre)

Je n’ai jamais oublié la conférence de presse que Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président de la République, a donnée, au sortir de sa première rencontre avec Vladimir Poutine. Il avait