Les coutumes ont décidément la peau dure. A trois jours du premier tour, Jean-Marie Le Pen a beau ne pas être candidat, il s’adonne à son habituelle passion pour le « hors-piste » en fournissant aux journalistes un os de (fausse) indignation à ronger. Une fois n’est pas coutume, c’est la très sérieuse Chaîne Parlementaire qui fait le « buzz » autour de la dernière sortie du vieux capitaine.

En cause, les quelques boutades grasses que vous entendrez sur cette vidéo : après une saillie du meilleur goût sur les musulmanes « poilues de la gueule », Le Pen père ironise sur les initiales de Nicolas Sarkozy : N.S comme « national-socialisme », le rassemblement de dimanche dernier étant, lui, comparé aux meetings nazis de Nuremberg.

On objectera avec raison au vieux punk frontiste que ces amalgames sont « nauséabonds » (attention, adjectif breveté par SOS Racisme). Mais sans rien enlever à l’outrance de son propos, l’honnêteté voudrait qu’on le compare aux arguments moraux éculés de la plupart de ses contradicteurs. Souvenez-vous avec bonheur de l’antiraciste pride de l’entre-deux tours de 2002 : le slogan « une balle pour Le Pen », des moustaches dessinées sur les affiches du FN, tout cela dessinant une reductio ad hitlerum aussi générale qu’affligeante.

La leçon de cette dernière séquence d’avril 2012, c’est que Jean-Marie Le Pen retourne l’antifascisme morveux qui a lui si souvent été opposé : comparer Sarkozy au Führer est bien l’ultime provocation puérile du vieux roc diabolisé. Comme l’aurait dit Audiard (ou Orwell), Goldstein se rebiffe.

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