« Écoutez France Inter durant une journée entière, vous allez vous marrer. » Oui, cheffe. Je préfère Chevallier et Laspalès à Sophia Aram mais je suis taillée pour le job : avec bébé qui réclame la première tétée de la journée (ou la dernière de la nuit) à 5 h 50, je suis opérationnelle très tôt.

À 5 h 50, ce jour-là, sur France Inter, en guise de train pour Pau [1. Pour les auditeurs francintériens, il s’agit d’une allusion à un sketch de Chevallier et Laspallès] , j’ai le vélo de Nantes qui pense à la place du cycliste. Quand vous devez aller à gauche, le guidon s’allume et clignote à gauche. « Et si je me trompe ? » « Le guidon va vous indiquer avec un clignotement rouge que vous vous êtes trompé. »

Le Cabinet de curiosités a sélectionné ce matin un article au sujet des prisons payantes de Californie, où des vedettes purgent leur peine dans des conditions appréciables de confort et de sécurité. « Au pays du dollar roi, il n’y a pas de petit profit », conclut Stéphane Leneuf. Refrain classique dans les médias que cette condamnation de l’Amérique comme pays de toutes les inégalités avec, en creux, la valorisation de notre système supposément plus juste. Le problème, c’est qu’au même moment resurgit dans l’actualité Salah Abdeslam (censé être à l’isolement, il a discuté avec un autre détenu). L’occasion de se souvenir qu’il jouit d’une cellule individuelle et d’une salle de sport privée, conditions d’incarcération que les vedettes hollywoodiennes elles-mêmes ne peuvent s’offrir : toutes richissimes soient-elles, nous apprend Stéphane Leneuf, elles dorment dans des dortoirs collectifs. La différence tient au fait qu’elles sont scrupuleusement protégées des caméras, tandis qu’Abdeslam est filmé 24 h/24, comme dans les émissions de téléréalité dont il est, paraît-il, très friand. De l’intérêt de réfléchir à l’à-propos d’une chronique…

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Ingrid Riocreux
Agrégée de lettres modernes, spécialiste de grammaire, rhétorique et stylistique. Elle est actuellement chercheur associé à l'Université Paris IV. Auteur du blog "La voix de nos maîtres". Les journalistes se présentent volontiers comme des adeptes du "décryptage". Mais est-il autorisé de "décrypter" leur discours ? ...