Home Brèves Et si les ripoux de Marseille avaient des circonstances atténuantes ?


Et si les ripoux de Marseille avaient des circonstances atténuantes ?

Quand survient un fait divers en zone dite sensible, ils se trouve toujours un expert (journaliste, sociologue, voire magistrat) pour incriminer la responsabilité de la Société, qui c’est bien connu est toujours la vraie coupable. Si des « jeunes » sont devenus des dealers, c’est parce qu’ « elle » les a placé dans de telles conditions de vie et de pauvreté qu’il ne leur restait que la transgression de la loi pour survivre. Et les sociologues, politiques ou médias soutiennent souvent que cet aspect des choses est déterminant. Admettons.

Mais où sont ces avocats, sociologues, politiques, médias pour avoir les mêmes réflexes non pas avec les policiers de la BAC qui sont devenus des ripoux à Marseille, mais avec ces hommes qui étaient ces policiers de la BAC ? Toute empathie aurait-elle disparue ? Un dealer serait-il plus homme qu’un policier ? S’il faut évidemment être intraitable avec le sort qui doit leur être réservé en tant que fonctionnaires de l’Etat, car ils sont tenus d’être exemplaires plus que tout autre pour la bonne santé d’une société, mettons-nous une seconde dans leur peau, eux aussi y ont droit.

Passons sur un aspect des choses négligé : ils n’ont pas racketté d’honnêtes commerçants ou demandé des bakchichs à des automobilistes, ils ont dépouillés des criminels, volé des voleurs. Mais laissons cela.
Voici des hommes surentraînés qui ont pour métier de protéger le citoyen. C’est à eux qu’on confie les missions les plus difficiles, les plus ingrates, les plus dangereuses. Ils mettent chaque jour leur vie en péril pour notre sécurité. Mais voici que l’Etat les cantonne à ne jamais accomplir leur devoir par peur d’une bavure et d’émeutes urbaines. La paix sociale ne devenant rien d’autre qu’une guerre froide intérieure. Et si par malheur ils accomplissent leur devoir et que ce faisant un délinquant trouve la mort, même sans bavures, sociologues, politiques ou médias les méprisent.

Imaginons ces policiers regardant chaque jour que Dieu fait des voyous commettre le crime de vente de drogue devant eux, alors qu’eux sont tenus à l’inaction. Ils les regardent, chaque jour, se mettre plus d’argent dans les poches qu’ils ne touchent de salaire en un mois. Si par inconscience leur chef leur dit d’intervenir, ils voient chaque jour les délinquants être rapidement libérés par la Justice et revenir les toiser, les narguer. Chaque jour, l’impunité d’un côté, le rôle de spectateurs de l’autre. Chaque jour, d’un côté la liberté de mal agir et de l’autre l’interdiction de bien agir. Où l’on voit des forces de l’ordre, affutées, aguerries, prêtes à jouer leur rôle et finalement, à qui l’on met des menottes invisibles pour les emprisonner dans leur voiture devenue cage. Je crois que ce qu’on leur demandait peut rendre fou.

Alors si je ne l’admets pas, je comprends qu’ils aient pu craquer.
Le policier est né juste, c’est l’absence d’homme d’Etat qui le corrompt !


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