David Bizet, alias Davut Paşa, imam alsacien idéologiquement proche du président turc Erdogan, a publiquement exprimé son soutien au sultanat de Brunei. Ce petit Etat régi par la charia vient d’adopter la lapidation comme châtiment contre les homosexuels et les coupables d’adultère. Pour un ex-candidat aux législatives, voilà qui fait désordre. Bizet/Pacha est-il l’arbre qui cache la forêt des réseaux Frères musulmans turcs en France ? Enquête.


Acteur majeur de la nébuleuse islamo-turque française, un certain « Davut Paşa », David Bizet de son vrai nom, s’est récemment illustré par cette publication sur Facebook.

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Davut Paşa, principal responsable de la Grande Mosquée Eyyûb Sultan de Strasbourg s’est ainsi permis d’exprimer publiquement depuis la France son soutien au sultan de Brunei qui a décidé de faire appliquer la lapidation pour l’homosexualité et l’adultère ou encore l’amputation d’une main ou d’un pied en cas de vol.

Il aura quand même tenté de se disculper de toute homophobie avec un tweet fabuleux: « Je n’ai rien contre les homosexuels, tant qu’ils s’aiment entre eux et que cela reste entre eux. »

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Trop tard… Le tollé suscité a notamment fait réagir le député LR Julien Aubert qui n’a pas manqué d’interpeller le ministre de l’Intérieur sur le sujet.

Pour rappel, l’individu en question s’était présenté aux élections législatives en 2017, contraint cette fois d’utiliser son véritable patronyme : David BIZET, Conseiller en pédagogie-éducation, communication, militant, Mulhouse – FRANCE.

Voilà comment se comporte le réseau d’Erdogan sur notre territoire afin d’y répandre l’islamisme le plus rétrograde. David Bizet n’est pas un cas isolé. Beaucoup d’autres individus dûment identifiés dans le Grand Est français pratiquent cet entrisme. On les retrouve candidats aux municipales ou autres et ils n’hésitent pas à se saisir de l’opportunité démocratique ou des sujets d’Éducation pour véhiculer et promouvoir leur communautarisme et leur islamisme rétrograde. Cette méthode porte un nom dans la secte frériste : le « Tamkine ».

Erdogan et la diaspora : une grande histoire d’amour

Paris, 7 avril 2010, Recep Tayyip Erdogan alors Premier ministre déclarait devant plus de 6000 membres de la diaspora turque rassemblés pour l’occasion: « Nul ne peut vous demander d’être assimilé. Je l’ai déjà dit dans le passé. Je le répète. Vous demander l’assimilation est un crime contre l’humanité »

Dans le même discours, à propos de la création d’établissements religieux et scolaires turcs en France, il ajoutait : « Nous allons suivre la France par un marquage rapproché. Notre ministre des affaires étrangères, notre négociateur en chef, nous allons tous suivre les choses. Nous allons faire les démarches nécessaires. »

Les objectifs étaient donc clairement énoncés :

-Un appel sans ambages au communautarisme.

-Une volonté clairement affirmée de faire « sécession » de l’Éducation nationale.

-Un appel aux binationaux et nationaux turcs résidents en France à se faire une sorte de « cheval de Troie » de l’Islam politique prôné par l’AKP.

En 2013, une réforme opportune autorisa donc les ressortissants turcs de l’étranger à participer aux scrutins nationaux depuis le pays où ils résident. Les effets de cette réforme ne se sont pas fait attendre.

L’élection présidentielle d’août 2014 aura ainsi permis à plus de 250 000 expatriés de prendre part aux opérations de vote. Pas assez semble t-il pour Monsieur Erdogan et son parti l’AKP. Les procédures de participation furent donc à nouveau simplifiées.

Ainsi, près d’un million d’expatriés auront pris part aux élections législatives de juin 2015 et près de 1,3 million lors des législatives anticipées du 1er novembre 2015. Ces dernières auront largement conforté l’AKP d’Erdogan.

Six consulats turcs se trouvent en France, celui de Strasbourg qui regroupe dix départements de l’est de la France enregistre plus de 75 000 électeurs inscrits. Jackpot : en 2014, les Turcs strasbourgeois se sont prononcés à 74% en faveur de M. Erdogan. Strasbourg, est donc un des fiefs de l’AKP en France.

 

Cette stratégie passe par plusieurs institutions basées à l’étranger :

– Le Conseil pour la justice, l’égalité et la paix (Cojep), créé dans le Grand Est et présent dans seize pays d’Europe dont la France. Le COJEP se présente comme une ONG visant à approfondir la discussion sur la place des minorités dans les pays européens pour construire une société plus solidaire dans le cadre d’une nouvelle Europe.

– La Ditib Strasbourg, l’union turco-islamique des affaires religieuses du Grand Est.

– Le Millî Görüs (dont David Bizet se réclame ouvertement) est le principal mouvement islamique proche de l’AKP qui encadre la diaspora. En France, l’organisation « Confédération Islamique Millî Görüş » (CIMG) gère 70 mosquées et compte plusieurs dizaines de milliers de membres. Elle porte notamment le projet de la plus grande mosquée d’Europe, en France à Strasbourg : la mosquée Eyyûb Sultan de Strasbourg. La CIMG est un membre statuaire du Conseil français du culte musulman (CFCM) et à ce titre elle est présente au bureau exécutif.

Sur fond de clientélisme et de communautarisme exacerbés, les Frères musulmans pro-Erdogan ont abandonné leur bonne vieille stratégie de dissimulation (taqya) pour tomber le masque. Après les percées d’un mouvement parrainé par l’AKP aux dernières législatives dans l’Est, les prochaines échéances électorales nous réserveront sans doute de belles découvertes.

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