L’Europe a joué à se faire peur. Après tant de bruit et de frayeurs, les Grecs ont fini par voter pour ceux-là mêmes qui avaient négocié le mémorandum, ce fameux accord signé en novembre 2011 entre Athènes et ses créanciers, infligeant au pays une cure d’austérité drastique. Avec 128 sièges sur les 300 que compte le Parlement grec, Antonio Samaras, chef de Nouvelle Démocratie (droite modérée), pourrait former une coalition avec les sociaux-démocrates du Pasok, dont les 33 députés constitueront l’appoint nécessaire à la formation d’une majorité stable. Dans ces conditions, les soupirs de soulagement poussés aux quatre coins de la zone euro sont quelque peu excessifs : contrairement à ce que suggérait la tonalité dramatique des commentaires médiatiques et des déclarations politiques depuis l’élection, le 6 mai, d’un Parlement pris en otage par les extrêmes, nous n’avons pas assisté à une tragédie mais à une comédie, dont l’enjeu ne fut jamais l’annulation de l’accord entre Athènes et ses créanciers, et encore moins la sortie de la zone euro, mais une renégociation à la marge du fameux mémorandum.

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