Durant de nombreuses années, nombre d’élus, de chercheurs ou de travailleurs sociaux nous ont invités à sortir « l’islam des caves ». Aujourd’hui, c’est des salons parisiens, où sévissent certains théoriciens en col blanc, qu’il faudrait sortir la réflexion sur ce culte.

Il y a quelques jours, une étude menée par le normalien Hakim El Karoui pour le compte de l’institut Montaigne et de l’Ifop a ainsi été rendue publique.

Comme d’autres rapports qui l’ont précédée, cette enquête postule l’existence de trois à quatre millions de musulmans en France. Or ces derniers ne se comptent au maximum que par certaines de milliers ! Car, contrairement à ce que nous entendons ici et là, n’est pas musulman qui veut : cette qualité répond à des critères précis d’éducation et de savoir être, dont sont dépourvus une bonne partie de ceux qui se réclament de l’islam. Que 53 % des « musulmans » sondés (25 % de « conservateurs », 28 % d’« autoritaires ») fassent primer la Charia sur les lois françaises est une plaisanterie. Si nous demandions à chacun des musulmans interrogés de nous définir ce qu’est la Charia, l’immense majorité d’entre eux serait incapable de nous répondre clairement. Il conviendrait donc de définir les « autoritaires » comme des ignares pathologiques et incultes, plutôt que de leur accoler le qualificatif de musulmans.

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Conseiller du recteur de la Mosquée de Paris, sociologue.