Donald Trump s'adresse à ses supporteurs au Hilton New York, le 9 novembre 2016, après l'annonce de sa victoire © AFP JIM WATSON

Les visages défaits, désolés, dévastés, du QG de campagne d’Hillary Clinton me rappellent terriblement les têtes déplorables des supporters de Jospin en 2002. Comment ! Le peuple a voté contre nous ? Comment est-ce possible ?
Mais le peuple t’emmerde, connard ! Le peuple souffre. Le peuple, qui tendait vers la classe moyenne, tu t’es débrouillé pour qu’il repasse dans le lumpen prolétariat. Ah oui, Obama a créé 10 millions d’emplois ? Payés combien, à l’heure ? L’écart de l’âge de décès être les plus pauvres et les plus riches, qui était de 5 ans en 2008, est aujourd’hui de 15 ans — et j’aimerais bien savoir ce qu’il en est en France. Les plus riches ont tout fait pour que les pauvres meurent — mais les pauvres ne meurent pas assez vite, et même, ils votent, avant de défuncter !

lepoint bhl trump

Du coup, c’est comme pour le Brexit : quand ces salauds votent contre nous, élites auto-proclamées que nous sommes, c’est que la démocratie est le pire régime — retour à l’oligarchie ! Vive Washington ! Vive Bruxelles ! Les villes-monde doivent l’emporter contre la périphérie !

Mais le peuple — ce peuple auquel Jospin en 2002 ne s’est jamais adressé, le peuple que Hollande a trahi, ce peuple des sans-dents auquel les socialistes d’aujourd’hui ne disent mot — souffre horriblement. Parce qu’il n’espère même plus être moyen : il est invinciblement ramené vers le bas.

Lisez la suite sur le blog de Jean-Paul Brighelli.

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Jean-Paul Brighelli
enseignant et essayiste français.Il anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.