Si le « grand débat » de l’entre-deux-tours n’invitait pas dans l’ensemble à la franche rigolade, les fans des Monty Python et autres amateurs de quiproquos absurdes ont eu au moins un bon moment : alors que François Hollande venait de reconnaître qu’il ne saurait y avoir de « président normal », Nicolas Sarkozy lui répliqua du tac au tac, cinglant comme il sait l’être, qu’il ne pouvait pas dire qu’il serait un président normal et que, s’il avait un peu plus d’expérience, il saurait bien qu’il ne peut y avoir de président normal. En résumé, cela donnait ce dialogue où ne manquait que le professeur Tournesol :

– Je ne serai pas un président normal !
– Vous vous trompez ! Vous ne serez pas un président normal !

Nous voilà bien avancés. Par-delà le caractère un tantinet surréaliste de l’échange, il n’est donc pas sans intérêt de revenir un instant sur cette formule piégée mais indéfiniment reprise par la presse − et de se demander si le nouvel élu sera, ou non, un « président normal ».

Lire la suite