Un studio de de la radio France Inter, juin 2015. SIPA. 00759405_000013

J’ai toujours développé l’idée que dans le cadre du conflit israélo-palestinien, la désinformation la plus sinueuse et insidieuse portait davantage sur ce qui n’était pas dit que sur ce qui l’était.

Que le mensonge par omission était le plus dangereux.

Que le manque d’esprit critique à l’égard des outrances de la partie palestinienne n’avait d’égal  que la focalisation abrasive et corrosive sur les fautes israéliennes.

Que, quel que soit le regard que l’on porte sur les implantations juives et controversées dans les territoires, l’irrédentisme et la violence mortifère palestinienne les avaient précédées et n’avaient pas cessé.

C’est un concentré de tout cela qui explique la dernière désinformation commise par la radio active de service public, qu’Avocats Sans Frontières et France- Israël ont dénoncée et que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de confirmer.

Rappel du contexte : Fin juin 2016 une petite Israélienne habitant avec ses parents dans une implantation, est poignardée à mort dans son lit par un terroriste. Le 2 juillet à 13h, le correspondant de France Inter en Israël dit l’émotion que l’assassinat suscite dans le pays.

Pour faire bonne mesure, il indique dans un reportage que le Quartette du Proche-Orient vient de condamner Israël « pour sa politique de colonisation ».

Un auditeur, fut-il peu prévenu contre Israël, est en conséquence invité à en tirer la conclusion réflexe que c’est sans doute triste qu’une enfant juive ait été assassinée de cette atroce manière, mais que la responsabilité politique de ce geste irresponsable est à porter à l’unique débit du gouvernement de l’État juif.

Il se trouve que, pour une fois, les diplomates du Quartette avaient tenu à être moins unilatéraux dans leur jugement, et qu’ils avaient symétriquement condamné les Palestiniens pour leur encouragement à la violence. La chose était tellement insolite que de nombreux journaux l’avaient souligné sans forcément s’en réjouir avec enthousiasme.

Le CSA, dans sa décision signifiée le 2 novembre, a donc considéré que la radio avait « manqué de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information ». Il en a donc sermonné les responsables de cette station souvent si sermonneuse.

Il est à noter que la haute autorité a considéré que le journaliste oublieux et inéquitable n’avait pas été expressément « malhonnête ».

Personnellement, je partage cet avis. C’est à la fois moins grave et pire. Étienne Monin, puisqu’il s’agit de lui, ne manifeste pas d’hostilité agressive à l’égard de la partie israélienne, ce n’est pas un militant encarté. Et, pour l’avoir connu quand il était chargé de la rubrique judiciaire, je le crois assez honnête homme.

Il a, simplement, et comme beaucoup d’autres avant lui, baigné dans ce « palestinisme » islamo-gauchisant qui règne médiatiquement depuis quatre décennies. Indulgence aveugle extrême d’un côté, esprit critique acéré et vétilleux de l’autre. Depuis: le réflexe avant la réflexion.

Je n’en dirais pas autant du correspondant de RFI, Nicolas Ropert, dans la même région. Un exemple risible et emblématique: un militant islamiste poste sur Twitter la photo de l’auteur en train de dîner en compagnie du Premier ministre israélien. Doux gazouillis de l’internaute pas franchement philosémite : « aux côtés du plus grand boucher d’ Israhell ! ». Gentil cœur approbatif du journaliste de service public tenu théoriquement à la neutralité et la modération.
On comprend un peu mieux ensuite l’étrange teneur de ses billets…

 

 

Pour autant qu’ils souhaitent vraiment améliorer la rigueur de l’information sur le service public audiovisuel, Radio France et le CSA ont du pain noir sur la planche.

C’est fatigant de faire le travail pour eux et de passer pour des grincheux.