La première fois que j’ai croisé Audrey Vernon, c’était à la soirée Nabe qui célébrait le 3000e exemplaire vendu de L’homme qui arrêta d’écrire. Elle y jouait son numéro habituel de fausse ingénue, perdue dans les plis de son élégante robe de soirée. Les quidams la prenaient pour une speakerine-potiche canalienne de plus : grossière erreur… La demoiselle est aussi une comique qui fait rire (c’est déjà rare) et qui en plus sait écrire


Prenez les rapports de classe et autres inégalités de richesse : lorsque certains vous pondent de longs volumes au nom rébarbatif (Le capital), Audrey Vernon en fait un spectacle comique: Comment épouser un milliardaire ?

Au Sentier des Halles les mardis et jeudis en alternance, vous la verrez suivre les tribulations des plus grosses fortunes mondiales vêtue d’une robe de mariée immaculée. Avis aux mâles libidineux : le spectacle ne vaut pas seulement par la beauté des formes de Miss Vernon, absolument gracieuse pendant la minute strip-tease du stand-up !


Avec une sagacité toute poétique, Audrey en arrive presque à nous faire pleurer sur les malheurs quotidiens de Mmes Waren Buffet, Bill Gates et Carlos Slim. Les petits crève-la-faim africains n’ont pas le monopole du cœur. Pour plus de justice sociale, il faudrait abolir la double peine infligée aux femmes de riches. Non seulement elles s’ennuient comme des rats morts dans de grandes résidences perdues mais doivent en plus subir la jalousie de leurs amies moins fortunées. Morale de l’histoire, disait Vian, « l’argent ne fait pas le bonheur… de ceux qui n’en ont pas !».

Ne serait-ce que pour ce sourire aux lèvres qui ne quitte jamais le spectateur, venons chez Vernon !

Vous venez de lire un article en accès libre.
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !
Daoud Boughezala
est directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef de Causeur.
Lire la suite