Chère Élisabeth Lévy,

Vous me proposez un « droit de réponse » à propos du texte de M. Guy Sitbon, « Lettre d’un remplaceur à Renaud Camus », paru dans le numéro 14 de Causeur. Votre offre généreuse prouve bien qu’il n’y a pas matière, car − dans mon expérience tout du moins −, lorsqu’il faudrait vraiment user d’un droit de réponse, les magazines se gardent bien de le proposer ; et même ils refusent qu’on l’exerce, si on en prend l’initiative.

Non, je n’ai rien à redire à l’amusante missive du remplaceur. Elle est courtoise, drôle, gentille (c’est un compliment dans mon esprit) ; un peu familière sans doute, mais c’est parfaitement conforme à l’idéologie du « sympa » et, sympa, elle l’est de bout en bout. Elle a le mérite justement d’exposer à nu les limites de cette vision du monde, qui sont qu’elle n’en voit rien, du monde ; que, plus exactement, elle en manque l’essentiel ; que l’énormité de ce qui survient lui échappe, justement parce que c’est énorme ; et aussi, hélas, parce que c’est horrible. La réalité que décrit M. Sitbon est charmante, tout le monde a envie d’y croire. Elle n’a d’autre défaut que d’être fausse, fausse, fausse − et de l’être un peu plus tous les jours.

Vous avez choisi un remplaceur bien doux. Pourtant, tous ceux qui pensent comme moi − et, par chance pour moi, ils sont de plus en plus nombreux − n’ont qu’une réaction en lisant M. Sitbon : décidément, c’est encore pis que ce qu’on croyait, cette affaire de Grand Remplacement. Il est urgent d’y mettre fin. Vivement la remigration !

*Photo: Hannah

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