Home Édition Abonné Conception médiatiquement assistée


Conception médiatiquement assistée

Une femme a décidé de diffuser sur les réseaux sociaux son auto-insémination

Conception médiatiquement assistée
L'artiste performeuse australienne, Casey Jenkins. © D.R.

Quand une artiste performeuse australienne s’auto-insémine en ligne…


La nouvelle Immaculée Conception nous vient des antipodes. L’artiste performeuse australienne, Casey Jenkins, a été visitée par le Saint-Esprit « queer ». Pour dénoncer l’hétéronormativité de la reproduction, cette artiste qui, en 2015, a tricoté de la laine qu’elle sortait de son vagin, s’auto-insémine en ligne. Lorsque vient le temps de son ovulation, la dame le proclame sur internet, se fait livrer une fiole de sperme et procède elle-même à l’insémination sur un canapé, en se filmant sous l’œil ébahi des internautes.

Selon l’artiste, sa performance, loin d’être une exhibition malsaine, constitue une dénonciation non seulement de la place de la femme dans le monde de l’art (évidemment trop petite), mais aussi des préjugés contre la grossesse et la conception queers. Cependant, Jenkins a enfanté une première fois selon les vieilles méthodes, semble-t-il : « J’ai eu un enfant il y a quelques années et je me suis vraiment rendu compte que lorsqu’on doit s’occuper d’un bébé, il ne reste plus de place pour grand-chose d’autre, surtout lorsqu’on évolue dans le monde de l’art. » Avions-nous besoin d’une artiste queer pour nous livrer un tel scoop ?

Le confinement comme élément déclencheur

C’est le confinement qui a fait germer dans l’esprit de Jenkins l’idée de l’auto-insémination. Le temps suspendu aurait rendu notre rythme de vie moins « patriarcal » et donc plus compatible avec les rythmes de son corps. Dans son « live show » sur internet, Jenkins prend donc son temps. Avant de s’introduire la semence, elle cause gynécologie et, une fois l’acte accompli, s’allonge par terre pendant trente minutes.

Mais combattre le patriarcat demande de l’argent. Le Conseil australien pour les arts, qui avait initialement prévu de subventionner la performance, s’est retiré face au risque juridique associé au financement d’une grossesse. La brèche a été colmatée par une fondation suisse et une association basée à Adélaïde pour qui cette œuvre représente « une critique incisive de la façon dont la reproduction est communément perçue ». Mais seulement si le miracle s’accomplit.

Novembre 2020 – Causeur #84

Article extrait du Magazine Causeur


Previous article Noël approche, il faut mettre au pas nos petits soldats
Next article Nicolas Sarkozy a-t-il été un “voyou”?
est enseignante.

RÉAGISSEZ À CET ARTICLE

Le système de commentaires sur Causeur.fr évolue : nous vous invitons à créer ci-dessous un nouveau compte Disqus si vous n'en avez pas encore.
Une tenue correcte est exigée. Soyez courtois et évitez le hors sujet.
Notre charte de modération