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Camionnette folle à Bruxelles: ni accident ni attentat?

La vérité est ailleurs...

Camionnette folle à Bruxelles: ni accident ni attentat?
La police établit un cordon de sécurité après l'accident, 26 août 2022, Bruxelles © Sylvain Plazy/AP/SIPA

Et si le conducteur était simplement devenu fou à cause du plan « Good Move » de la ville?


Peu avant 13h00, vendredi, Muhamad G. a foncé sur deux terrasses situées rue Saint-Michel dans la capitale belge, avant de prendre la fuite. 

Si l’organe belge de coordination pour l’analyse de la menace terroriste a temporairement relevé son niveau d’alerte, la piste terroriste serait désormais écartée par la police. Arrêté à Anvers, on en sait encore peu sur le suspect ayant renversé des tables sur son passage.

Il n’est un secret pour personne que les petits pays tentent toujours d’imiter les grands. Aussi, lorsqu’Anne Hidalgo se mit en devoir de paralyser et enlaidir Paris, les édiles bruxellois ne voulurent pas être en reste et, de quartiers piétons en pistes cyclables, parvinrent à leur tour à un remarquable résultat. Mais Bruxelles étant la capitale de la Région bruxelloise, de la Communauté flamande, de la Belgique, de l’Union européenne, de l’OTAN, voire, un jour peut-être, du système solaire, elle voulut dépasser sa grande sœur. Les échevins de la ville, Philippe Close du PS, Bart Dhondt de Groen (Ecolo flamand) et Fabian Maingain du parti DéFi (sans programme mais toujours disponible pour former une majorité) ont donc réuni leurs méninges et imaginé un plan de circulation baptisé « Good Move » en bon franglais. 

Sauve qui peut !

Même les personnes les moins douées pour la langue de Shakespeare soupçonneront que « Good Move », ça veut dire « Bonne Circulation » ce qui tend à démontrer que les trois clampins susmentionnés, à l’instar de Monsieur Jourdain, font de l’humour sans le savoir. Il est dorénavant impossible de circuler dans Bruxelles, le trafic y est à l’arrêt quasi complet, les sens uniques renvoient les automobilistes d’un coin à l’autre comme des boules de flipper et l’on craint le pire lorsque la rentrée aura eu lieu. Les Bruxellois ont massivement fui cette ville de fous mais ils sont bien obligés d’y revenir pour bosser dans l’une ou l’autre administration.

Dès lors, les pétitions en ligne se multiplient pour tenter de mettre un terme à ce plan de « ville apaisée » comme il a été surnommé. Car, en fait d’apaisement, les automobilistes louvoient entre la crise d’apoplexie et la crise de nerfs. Mais tout le monde ne croit pas à l’efficacité des pétitions et certainement pas Muhamad G.

Le vendredi 26 août, ce Bruxellois d’origine turque, déjà connu des services de police, a pris le volant de sa camionnette avec laquelle il a foncé dans deux terrasses de café. Seuls six blessés légers sont à déplorer, les Bruxellois, comme l’ensemble des Européens, ayant appris à se planquer à la vue d’un « véhicule fou ». Selon Het Laatste Nieuws, Muhamad G. aurait « disjoncté à cause du nouveau plan de mobilité bruxellois », ce qui est plausible. Cette motivation doit encore être confirmée par le parquet, mais elle devrait lui valoir une sacrée indulgence. Certes, si nombre de conducteurs disjonctent, tous ne poussent pas l’énervement jusque-là, mais chacun son tempérament. On ne peut pas toujours rester de marbre face au cinquantième sens interdit croisé en quatre minutes.

Mauvaises langues

Bien sûr, certaines mauvaises langues insinuent que le mobile de Muhamad G. serait à découvrir du côté du Coran plutôt que du code de la route. Pour casse-pied qu’il soit, ledit code de la route ne donne pas injonction aux conducteurs de massacrer les infidèles, même s’ils sirotent un Picon bière au soleil ! Ce genre de recommandations est plutôt à rechercher du côté de certaines sourates. Et tout musulman se doit de respecter les impératifs du Coran, c’est même un peu ça le principe de l’islam. 

Quoiqu’il en soit, Muhamad G. a laissé sa camionnette sur place, vu la difficulté de sortir du guêpier « Good Move », et s’est réfugié à Anvers, chez l’une de ses sœurs, où les enquêteurs l’ont arrêté. Va-t-on dorénavant ajouter aux circonstances atténuantes des responsables d’attentat, qui pouvaient déjà se prévaloir d’être « déséquilibrés » ou « toxicomanes », d’être également « agacés par le trafic » ? Si Muhamad G. est reconnu comme l’auteur des faits et condamné, il serait intéressant, dans le cadre des échanges de bons procédés chers à l’UE, de l’écrouer à Fresnes. Il devrait faire des étincelles dans les courses de karts ! 


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Romancière et scénariste belge, critique BD et chroniqueuse presse écrite et radio. Dernier roman: Sophonisbe.

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