« Welcome to Berlin, the new capital of Europe » : c’est ainsi que Gideon Rachman intitulait sa chronique du 23 octobre dans le Financial Times. Est-ce à dire que l’Allemagne aurait annexé l’Europe et transféré sa capitale de Bruxelles vers la grande ville prussienne ? Subirions-nous à nouveau le cauchemar de l’occupation nazie en 1940 ? Ou bien l’honorable chroniqueur se livrerait-il à une facétie de mauvais goût à l’encontre de ses lecteurs ?
Rien de tout cela. L’Allemagne d’Angela Merkel est pacifiste. Les batailles que mènent ses ressortissants sont économiques. Et, présentement, la Chancelière allemande est, du moins en paroles, des plus fidèles au projet européen et au maintien de la monnaie unique. Mais Gideon Rachman n’a rien d’un plaisantin non plus. De retour d’un voyage d’information à Berlin, il entendait porter à la connaissance du public le changement de rapport de forces qui s’est produit à la faveur de la crise de l’euro. L’État allemand se trouve placé en position d’arbitre d’une situation inédite depuis la création de l’Europe.

*Photo : World Economic Forum

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