Aux Pays-Bas, l’opinion et l’opposition se scandalisent de la situation d’un migrant syrien mis en cause à 114 reprises par la police.
L’échec des Pays-Bas à se débarrasser d’étrangers criminels — et, partant, celui de leur politique d’asile — se résume désormais à un chiffre: 114. C’est le nombre de vols, d’agressions contre des femmes et d’autres méfaits qu’accumule le Syrien Mohammed K., âgé de dix-huit ans, depuis son arrivée aux Pays-Bas comme réfugié à l’âge de quatorze ans.
Le chiffre « officiel » de 114 signalements a été rendu public lors de récentes délibérations du tribunal d’Amsterdam en vue du futur procès contre Mohammed K. et deux autres jeunes Syriens accusés d’avoir violemment volé des prostituées chez elles.
Cependant, son avocate a plaidé pour l’indulgence vis-à-vis de son client, qui retrouvera sûrement le droit chemin, a-t-elle assuré, une fois scellé le regroupement familial à Amsterdam avec ses parents et ses petits frères restés en Syrie… Autre gage de la réussite de sa réintégration, toujours selon son avocate : son client s’établira dans un logement social qui sera bientôt attribué à son clan familial dans la capitale néerlandaise. Les préparatifs seraient d’ores et déjà enclenchés par l’organisation chargée de l’accueil des réfugiés dans une ville où sévit pourtant une pénurie de logements gravissime pour les autochtones.
De plus, selon le plaidoyer de l’avocate, Mohammed se prépare à une vie rangée comme père de famille puisqu’en dehors de ses activités criminelles, il a trouvé le temps de mettre sa petite amie enceinte. (Le sexe avant le mariage, ne serait-ce pas haram ?, a feint de s’indigner un internaute).
Perdu !
Le 3 septembre, le tribunal s’est montré sourd à tant d’invraisemblables assurances et a décrété que Monsieur K. et ses coaccusés resteraient en détention provisoire. Leur procès pour vol avec violence contre des prostituées, commis en mai dernier, est prévu en novembre.
Le chiffre de 114, en combinaison avec le possible regroupement familial du multirécidiviste avec les siens, a eu le mérite de réunir la droite dure et des chrétiens de gauche dans leur indignation. Au Parlement, M. Geert Wilders, dirigeant du Parti pour la Liberté, anti-immigrationniste par excellence, et un député protestant autrefois accusé d’immigrationnisme ont exigé à l’unisson le renvoi chez lui de cette « tête à claques », aux dires d’un collègue.
Et dans cette affaire, l’indignation populaire ne vise pas uniquement Mohammed K., mais également les autorités policières et judiciaires, ainsi que l’instance qui lui a accordé l’asile politique. Lesquelles n’ont jamais agi pour mettre un terme à son parcours criminel et qui pourraient, en plus, le récompenser par un logement social! Ou même deux, a soupesé M. Wilders, vu que la famille du malfrat risque d’être nombreuse.
Si le ministre de l’Asile et de l’Immigration, M. Bart van den Brink, a assuré aux parlementaires comprendre « la colère, la frustration et l’inquiétude » dans le pays, ses lapalissades semblaient faites pour les aggraver. Ainsi, il a refusé de répondre à des questions détaillées sur l’affaire et s’est caché derrière le droit européen qui rendrait difficile la révocation du statut de réfugié une fois celui-ci accordé. Quant à extrader le détenteur du précieux sésame, ma bonne dame… Le ministre a finalement promis à des parlementaires indignés qu’il tenterait, une fois le jeune Syrien enfin condamné, de le renvoyer dare-dare. Qui l’eût cru ?
Un pays malade
Dans cette affaire, beaucoup de questions restent encore sans réponse, puisque le ministre préfère se taire. Comment et pourquoi Mohammed K. a-t-il quitté la Syrie, et comment a-t-il pu, à 14 ans, rejoindre les Pays-Bas ? Et si ses parents avaient envoyé leur enfant en tant qu’éclaireur en vue d’un regroupement dans un lieu sûr et prospère ? Pourquoi ce morveux a-t-il obtenu le statut de réfugié qui, apparemment, a servi de sauf-conduit quand ses 113 premiers larcins notés dans les registres de la police sont restés sans conséquences ?
La 114e fois fut la bonne, quand les prostituées ont été violemment frappées, tirées par les cheveux, menacées et blessées avec au moins un couteau, selon le ministère public. Tout cela pour un piètre butin… Des faits gravissimes, c’est vrai. Mais, pendant ses nombreux méfaits précédents, Mohammed K. avait également fait usage d’un couteau, toujours contre des femmes, sans que la police n’ait jugé les faits suffisamment graves pour l’arrêter et l’incarcérer. « Dans quel pays malade vivons-nous ? » a fulminé Geert Wilders devant le ministre. Et, à dire vrai, pas besoin d’être « d’extrême droite » ou de soutenir M. Wilders pour se poser cette question.




