Enfer et damnation ! Le Pape serait-il devenu bon ? Cette incroyable nouvelle qui barre les manchettes au même titre que si l’on avait prouvé que Marine Le Pen n’a pas le gène nazi est en voie de remettre en cause le paradigme postmoderne, du moins si l’on en croit les commentateurs éclairés. « Pape et préservatif » dans la même phrase : le stimulus a encore fonctionné. Ainsi que la vérole sur le bas-clergé, on s’est jeté en masse sur deux lignes de textes, où l’on apprend – pardon, où les commentateurs apprennent ce qu’ils eussent dû toujours savoir – que l’Eglise en général et le Pape en particulier n’étaient finalement pas si heureux que des gens meurent du Sida. Ils avaient un peu mauvaise conscience, faut croire. Ça vous étonne, mais c’est comme ça.

Oublions que l’Eglise tient depuis des décennies que la condamnation générale de l’usage du préservatif est levée en de certaines circonstances, comme celle évoquée ici par Benoît XVI, où la situation des partenaires est objectivement faussée par l’absence de liberté. Oublions, et gardons ceci en tête, qui est la seule morale du happy end : cette satanée institution qui ne fait que soigner le quart des malades du Sida dans le monde, aura mis trente ans à comprendre que le VIH ça fait mal. Ça prouverait bien son arriération, si besoin était. Mais enfin, ne faisons pas la fine bouche et réjouissons-nous : nous voici libérés (quand je dis nous, c’est les catholiques parce pour les autres, je ne vois pas trop ce que ça change) ! Autant vous dire que ça va pas chômer dans les chaumières ce soir, depuis le temps qu’on se serre la ceinture…

D’ailleurs, tant que j’y pense, où c’est que j’ai mis mon déguisement de prostitué malade du Sida ?

Lire la suite