Un dossier sur l’explosion des actes antichrétiens (et sur le silence qui l’accompagne), un entretien sur la paternité entre Marc-Olivier Fogiel et Elisabeth Lévy, une interview de Jérôme Fourquet ou un reportage sur Bordeaux: servez-vous, Causeur vous attend!


Ce n’est (hélas) pas un poisson d’avril. Objets d’une infinie sollicitude lorsqu’ils subissent le joug de prêtres pédophiles, les catholiques suscitent une indifférence polie quand leurs églises et cimetières sont profanés. Dans une France jadis fille aînée de l’Eglise, la catholicité cumule le poids du statut majoritaire et les handicaps d’une minorité que l’on somme d’être silencieuse. Comme le résume Elisabeth Lévy, « les chrétiens, otages de la guerre des civilisations en Orient, sont partie prenante de celle qui sévit à bas bruit dans nos contrées ». Certes, nombre de profanations « sont l’oeuvre de déséquilibrés, de marginaux ou de gamins en mal de transgression sans risque » mais l’indifférence quasi-générale que suscite le phénomène laisse coi.

« Certains n’ont pas envie de prêter attention aux attaques dont l’Eglise est victime »

La fille aînée de l’Eglise aurait-elle oublié ses racines ? Pour le politologue Jérôme Fourquet, de l’Ifop, « l’Église a si longtemps occupé une place très importante dans la société française que certains n’ont pas envie de prêter attention aux attaques dont elle est victime ». La grande enquête d’Erwan Seznec donne la parole à ces catholiques qui remettent en doute le bien-fondé de la ligne officielle, qui consiste à jouer l’apaisement pour éviter la surenchère victimaire.


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Témoignage de première main, l’article du maire de Lavaur (Tarn) Bernard Carayon est une chronique de la barbarie ordinaire : le 5 février, deux lycéens ont mis le feu et saccagé la cathédrale Saint-Alain. L’édile s’indigne du silence médiatique et de la mansuétude de l’Eglise face à ces attaques de plus en plus fréquentes. Pour Olivier Rey, les jeunes incultes qui profanent des églises sont le produit du vide spirituel de la société marchande. Sans même en avoir conscience, ces brebis égarées reprochent peut-être souterrainement à l’Eglise de ne plus tenir son rôle d’institution.

Fogiel, habemus Papa

Dans l’autre dossier de ce numéro, Elisabeth Lévy s’interroge : « Papa, où t’es ? » Alors que la loi Taubira a ouvert le mariage et l’adoption aux couples homosexuels et que la PMA et de GPA à l’étranger gagnent chaque année du terrain, cette révolution anthropologique a permis aux familles homoparentales de redéfinir les notions de père et de mère. Maintenant que les structures élémentaires de la parenté sont chamboulées, le statut de l’antique pater familias n’a plus rien d’évident. La preuve : Marc-Olivier Fogiel et son mari ont adopté deux petites filles conçues aux Etats-Unis par GPA. Dans un entretien-fleuve avec la patronne, il défend son modèle familial et son droit à devenir père. A contrario, pour le psychanalyste Jean-Pierre Winter, les nouveaux schémas familiaux ne peuvent faire l’économie de la fonction paternelle. À l’ère de la PMA et de la GPA à l’étranger, l’inscription généalogique reste indispensable à la construction de l’enfant et la présence de deux hommes ne fait pas un père.

Reportage à Bordeaux, jungle d’Amazon et « islam de France »

Passons aux actualités. J’ai eu la chance de sillonner Bordeaux pour un reportage dans la ville qu’Alain Juppé a réveillée et embellie en vingt-quatre ans à l’hôtel de ville. Mais la réussite de cette grande métropole n’entraîne pas le reste du département. Et crée son lot de frustrations, qui ont nourri le mouvement des gilets jaunes, particulièrement remontés dans la région.

Comme le démontre Jeremy Stubbs, Amazon a la puissance d’un Etat sans en assumer les responsabilités. Avec son « Marketplace », le numéro un de la vente en ligne est devenu, pour des milliers de petites entreprises, un intermédiaire incontournable, qui peut imposer des conditions drastiques et des règles opaques à des partenaires vassalisés.

Se penchant au chevet du président Macron, Paulina Dalmayer explique pourquoi le projet présidentiel de construire un « islam de France » inquiète de nombreux militants laïques. Dans leurs essais respectifs, Philippe Raynaud et Laurent Bouvet décryptent le libéralisme multiculturaliste d’une partie de la gauche rejointe par Emmanuel Macron. Une dérive étrangère à notre tradition républicaine.

Du « Rouge » au rosé, en passant par Boulgakov

Au rayon culture, Jérôme Leroy s’extasie devant la nouvelle traduction du chef d’oeuvre de Boulgakov Le maître et Marguerite. L’occasion de redécouvrir ce texte total où le fantastique et le picaresque interrogent le mal et le totalitarisme à l’ombre du Kremlin. D’un soviet l’autre, Pierre Lamalattie nous fait visiter l’exposition « Rouge » que le Grand Palais» consacre à l’art soviétique de 1917 à 1953. Si l’événement offre un passionnant aperçu du foisonnement artistique de l’époque, son esprit manichéen réduit l’art figuratif à un simple avatar du stalinisme. Enfin, Emmanuel Tresmontant vante les mérites d’un rosé de Champagne. Né au XVIIe siècle, le Rosé des Riceys est un vin de Champagne bon marché quoiqu’extrêmement difficile à élaborer. Ce rosé prisé de Louis XIV a traversé le temps en échappant aux calibrages du marché et de l’œnologie dominante. Causeur et un verre, garçon !


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