Qui a dit que le socialisme utopique était mort ? Le livre numérique concocté par l’équipe de campagne d’Anne Hidalgo, Oser Paris, 150 propositions pour Anne Hidalgo, prouve le contraire : en 180 délicieuses pages, il brosse le portrait d’une capitale futuriste et progressiste à faire pâlir d’envie les utopistes les plus farfelus. Dépassée l’abbaye de Thélème, ringardisé, le phalanstère de Charles Fourier : en matière de cité idéale, le Paris d’Hidalgo devient la référence. Dans le domaine du gauchisme festivo-culturel, l’élève a largement dépassé le maître : flanqué d’un adjoint au maire chargé de la nuit, le Paris de demain sera évidemment une ville festive, mais aussi une ville « exemplaire », « solidaire », « durable » « créative », « ouverte », une « Ville-monde », une « ville à vivre », bref, une « ville pour tous ».

Avec seulement 8 propositions sur la sécurité, et autant sur le logement, pour 22 pour la culture et le sport, le programme d’Hidalgo  s’intéresse aux vrais problèmes des Parisiens. Car c’est bien connu, la ville rêvée des Parisiens est une ville LUDIQUE et PARTICIPATIVE, ces deux adjectifs étant au delano-hidalgisme ce que la transsubstantiation et l’immaculée conception sont à l’Eglise catholique. Ainsi l’installation de jeux géants, d’appareils de fitness, de bibliothèques mobiles, ainsi que  la valorisation du Tai-chi  et d’espaces de street-art, permettront aux habitants de pratiquer le djeunisme à tout moment et en tout lieu. Les pétitions, les conseils de quartier, les « concierges de rue » et autres démocratismes seront encouragés. On créera même des « Speak’s corner » : « des espaces où chacun peut prendre la prendre la parole librement et devenir un orateur devant l’assistance du moment ». De grands chantiers culturels sont également prévus : « créer des groupes Facebook pour chaque musée », notamment.

Le Paris de demain ne laissera personne sur le carreau. La ville sera en effet « amie des aînés », auxquels elle essaiera de fournir un « environnement urbain adapté » (on tremble : cela signifierait-il la création de déambulateurs en libre service ?).  Amie des immigrés, elle proposera un « prix Paris ville-monde » pour « valoriser le parcours des migrants qui contribuent à la diversité de la capitale », ainsi qu’un « musée participatif de l’intégration ». Mais elle sera également bien sûr « le Grand Paris des Enfants », auxquels la candidate a consacré une matinée « pour discuter de leur vision de la capitale » et qui, visiblement formatés, on proposé d’ « arrêter de tuer les araignées » et d’ « intégrer des personnes qui ne parlent pas français dans les classes ». Amie des animaux, enfin, avec la création d’un « centre de soins pour la faune parisienne » (traduction : un hôpital pour les pigeons et les rats).

Mais trêve de fantaisies, la capitale sera aussi à la pointe niveau gender-friendly. On fera attention à « lutter contre le sexisme dès la crèche », et des « cours sur le genre luttant contre les stéréotypes sexistes » seront proposés aux enfants par la Ville de Paris dans le cadre des activités périscolaires. Enfin une proposition consiste à adopter le « gender-budgeting » : il s’agit « d’analyser les dépenses et les recettes publiques sous l’angle du genre » pour éviter les « discriminations ».

Bon, ne soyons pas vaches, on notera tout de même une proposition réaliste et utile : l’augmentation du nombre de sanisettes. Quoique là encore, on rejoigne le socialisme utopique d’antan qui clamait « À chacun selon ses besoins ! »

 

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