La Cour de cassation examine le dossier de Sarah Halimi, une dame juive de 65 ans morte défenestrée après avoir été sauvagement frappée par son voisin. La cour d’appel ayant considéré le meurtrier irresponsable de ses actes, c’est le dernier espoir pour la famille d’obtenir un procès. Retour sur une ignoble affaire qui suscite une terrible incompréhension. 


Un matin, à Paris, quelques jours avant la présidentielle 

Un immeuble du XI arrondissement, le matin du 4 avril 2017, il est environ 4 heures du matin lorsque Kobili Traoré, un homme de 27 ans, quitte son appartement situé au 30 rue Vaucouleurs pour se rendre au numéro 26 de la même rue. Il frappe énergiquement à la porte de la famille D, des connaissances de longue date, leurs parents étant originaires du même village malien que lui. Kobili semble agité : vêtu d’un tee-shirt, d’un bas de pyjama, pieds nus, il tient dans ses mains ses chaussures et un jean, le père de la famille D hésite à le faire entrer, mais finit par y consentir après quelques éclats de voix.

Selon les témoignages des protagonistes, sans aucune explication, le jeune homme qui habite dans l’immeuble mitoyen s’installe alors sur le canapé et tient des propos incohérents où il est question de mort et de démons. Les minutes passent et il paraît de plus en plus agressif et menaçant. Il affirmera plus tard ne pas se souvenir d’avoir usé de violence contre la famille D. Ce qui n’empêchera pas les membres de cette famille de prendre peur et de se retrancher dans une pièce qu’ils barricadent avec un meuble.De cet abri de fortune, ils l’entendent psalmodier des versets du Coran dans ce qui semblait être une prière. De longues minutes passent, quelqu’un de la famille téléphone à la police pour prévenir qu’un individu les séquestre. 

Entre temps, Kobili se change. Il enfile le jean et les chaussures qu’il avait en arrivant, puis enjambe la rambarde pour accéder au balcon d’à côté, celui de Sarah Halimi, revenant ainsi dans l’immeuble qu’il avait quitté un peu plus tôt… De là, en forçant les portes-fenêtres, il pénètre dans l’appartement de sa voisine, et une fois à l’intérieur, la vue d’une Menorah et d’un livre de prière lui font « perdre l’esprit ». Le calvaire de Madame Halimi commence… On ignore ce qui s’est exactement passé, car les deux seuls témoins sont Madame Halimi et son bourreau. Certains voisins auraient entendu des bruits sourds ressemblant à une course poursuite et à des coups, d’autres des hurlements et des gémissements de femme et la voix d’un homme qui proférait des insultes, entrecoupées de « Allah akbar ».

Une agression extrêmement violente

L’agresseur aurait commencé à battre Madame Halimi dans le salon. Quelques objets ensanglantés ainsi que les vêtements maculés de sang de l’agresseur attestent de l’extrême violence des coups. Kobili aurait traîné ensuite sa victime sur le balcon où il continue à la frapper en poussant des hurlements. C’est un tapage tel que des voisins des immeubles d’en face sont réveillés malgré les doubles vitrages. Des témoins contactent la police, l’informant qu’ un homme est en train de battre une femme en l’invectivant. 

Le calvaire aurait duré quelques minutes, avant que l’homme ne fasse basculer Madame Halimi par la rambarde du balcon. Des témoins, dont un policier, auraient entendu dire distinctement à ce moment : « Attention, une femme va se suicider ! » Tandis que le corps de Sarah Halimi gît trois étages en dessous, l’assassin refait tranquillement le trajet en sens inverse et retourne par le balcon dans l’appartement de la famille D. Lorsque la police intervient quelques minutes plus tard, Kobili est calme et se laisse arrêter sans résistance. En début d’après-midi, après quelques heures passées en garde à vue, il est transféré dans une unité psychiatrique.

Une affaire truffée de confusions et de tergiversations

Présence de la police

Suite à l’appel téléphonique initial de la famille D, une patrouille de police arrive rapidement sur les lieux. Alertés pour la séquestration, les policiers se postent derrière la porte. C’est à ce moment là qu’ils entendent les cris d’un homme, ceux d’une femme, et des bribes de mots en arabe venant de l’immeuble mitoyen. Pensant qu’ils faisaient face à une attaque terroris

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