On apprend que la SNCF aurait de fortes chances d’être évincée de forts contrats d’exploitation de lignes à grande vitesse en Floride et en Californie pour ce que d’honnêtes citoyens américains constitués en class actions lui reprocheraient son passé de collaboratrice active de la déportation des Juifs français sous l’occupation. Soit. Repentons-nous et même, si tout cela est juste et bon, dissolvons définitivement la vieille dame et ses régimes spéciaux, puisqu’il n’y a pas de raison que le Français que je suis, quand il prend le TGV pour Toulon, participe diachroniquement à la Shoah quand l’Américain de base en serait exempté.

Mais surtout, faisons toute la lumière sur cette affaire de collaboration entre la technique et l’Allemagne nazie. Il y a presque dix ans que l’historien Edwin Black a publié son gigantesque pavé IBM et l’holocauste bénignement sous-titré : « L’alliance stratégique entre l’Allemagne nazie et la plus puissante multinationale américaine ». Quésaco ? Black, qui n’a jamais été réfuté, y démontre que sans l’appui actif, volontaire et conscient du patron d’IBM Thomas J. Watson et de ses puissantes machines à carte, les criminels nazis n’eussent jamais pu aussi rapidement ficher les Juifs des pays occupés ou annexés, en particulier de Hollande, et les déporter illico vers les camps de la mort. Il nous apprend aussi que le tristement fameux tatouage inscrit sur le bras des détenus d’Auschwitz correspondait précisément à leur numéro d’identification dans le système informatique d’IBM.

Je ne sache pas qu’on ait depuis interdit IBM du territoire national. La question est donc simple : qu’attend-on ?

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