Devant 8 500 militants réunis dimanche au congrès du Rassemblement national, Marine Le Pen a donné le coup d’envoi de sa campagne présidentielle autour d’un mot, la « renaissance ». À six mois du scrutin, elle aborde cette séquence en position de force : les dernières enquêtes la placent nettement en tête du premier tour, entre 32 % et 36 % selon les instituts.
Le congrès devait renouveler les instances du parti. Il s’est transformé en lancement de campagne. Réuni les 24 et 25 octobre à Orléans, le Rassemblement national a réélu Jordan Bardella à sa présidence avant de laisser la scène à Marine Le Pen pour son premier grand meeting de la présidentielle. Les organisateurs revendiquaient environ 8 500 personnes dans la salle. À l’extérieur, plusieurs milliers de manifestants opposés au RN avaient défilé la veille, tandis que le dispositif policier autour du congrès était particulièrement important.
Marine Le Pen a choisi de présenter son projet sous le thème de la « renaissance ». « Je ne vous propose pas de refaire la France d’avant, je vous propose de concevoir et de construire la France de demain », a-t-elle déclaré. Elle a défini cette renaissance comme « une méthode, pas une rupture brutale et encore moins une révolution destructrice », mais comme « l’élévation progressive de tout un pays vers le beau, le vrai, le juste, vers la sécurité, la prospérité, la créativité ».
Des sondages très favorables à Marine Le Pen : Bardella à Matignon en cas de victoire
Le discours a aussi permis de clarifier l’architecture du pouvoir imaginée par la candidate. En cas de victoire, Marine Le Pen veut former un gouvernement « d’union nationale » et « pluraliste », dirigé par Jordan Bardella. Elle justifie cette ouverture par « la situation d’un pays fracturé » et par un « désir d’unité des Français ». Le président du RN, réélu pour trois ans, a lui-même présenté le parti comme prêt à gouverner « dans quelques mois aux côtés de Marine Le Pen ».
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Sur le fond, Marine Le Pen a repris les grands axes de son programme : immigration, sécurité, autorité de l’État, école, économie et protection sociale. La candidate veut aussi inscrire sa campagne dans un registre plus optimiste que lors de ses précédentes présidentielles. « Nous ne sommes pas dans le “c’était mieux avant”. Nous disons : “C’était bien avant, ce sera mieux demain” », a-t-elle lancé.
En tête des sondages : Marine Le Pen entre 32 et 36 % au premier tour
Cette mise en scène intervient alors que Marine Le Pen domine nettement les intentions de vote. L’enquête Ipsos bva-CESI publiée le 24 octobre pour Le Parisien la place entre 32 % et 33,5 % dans les quatre configurations testées. Deux autres enquêtes publiées le 23 octobre, OpinionWay pour le JDD et Toluna Harris Interactive pour RTL-M6, la donnent à 36 %. Dans cette dernière, Jean-Luc Mélenchon est deuxième à 17 %, devant Raphaël Glucksmann et Édouard Philippe à 12 %.
Il faut évidemment rappeler qu’un sondage six mois avant une présidentielle ne constitue pas une prédiction du résultat. Mais la stabilité de Marine Le Pen au-dessus de 30 % et l’éparpillement de ses concurrents lui donnent aujourd’hui une avance inhabituelle pour un premier tour. Ipsos souligne également le recul du bloc central, tandis que Jean-Luc Mélenchon progresse et se qualifierait pour le second tour dans les scénarios testés.
Le défi du RN n’est donc plus seulement de se qualifier. Marine Le Pen cherche désormais à élargir son électorat et à rendre crédible l’idée d’une majorité de gouvernement. Son insistance sur « l’union nationale », la désignation anticipée de Bardella pour Matignon et le vocabulaire de la « renaissance » répondent directement à cette stratégie. À Orléans, le RN a moins cherché à démontrer qu’il pouvait arriver au second tour qu’à installer l’idée qu’il pouvait gagner le second.
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