Ils sont de retour, et ils ont désormais une charte: le 15 août, des druides français se sont réunis dans le Limousin pour codifier les principes de leur vieille religion. Lutte contre les charlatans, écriture inclusive et pouvoirs supposés sur la météo: Panoramix doit se mettre à jour.
La radio ICI Limousin a récemment relaté un événement capital1. Le 15 août, à Saint-Jean-Ligoure (Haute-Vienne), la majorité des druides de France ont en effet signé, sous l’égide historique et spirituelle de leurs illustres prédécesseurs, Diviciac, Cathbad et Panoramix, la « charte des druides », un document qui fera date et qui, il convient de le noter, a été rédigé en écriture inclusive, preuve que « le/la druide contemporain(e) » n’est pas l’être farfelu et déconnecté du monde que certains imaginent. Cette charte regrette que « le Druidisme [soit] parfois la cible de charlatans cherchant à exploiter la crédulité des gens en promettant des guérisons miraculeuses ou des pouvoirs surnaturels ». Marc, druide depuis cinquante ans, tape du poing sur la table et met les points sur les « i » : « Il y a des gens qui disent qu’ils peuvent donner des ordres aux dieux ! Tout ça, c’est de la foutaise ! » En revanche, aucun doute n’est permis, « les puissances de la nature sont les divinités des Druides ».
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C’est ce « côté en phase avec la terre et les éléments » qui a attiré François Bourillon, le plus vieux druide limousin en exercice. Surnommé Merlin, celui-ci tient à préciser : « Pas Merlin l’Enchanteur de Disney. Nous ne caressons pas les arbres le matin au petit-déjeuner. » Méfiance, prévient-il, « certains ordres vous proposeront d’être druide en six mois moyennant 400 euros », alors qu’il faut en réalité compter une bonne douzaine d’années de formation aux « sciences théologiques, naturelles, divinatoires et bardiques », et, suppose-t-on, à la cueillette du gui et à la distillation de l’hydromel, pour obtenir le statut de druide. Le druide breton Arthos tient par ailleurs à protester contre les réputations de rêveurs, d’hurluberlus, voire de jobards, qui collent trop souvent à la peau de ces nobles gardiens de la culture druidique. « On porte des robes blanches et on se met en cercle pour réciter des textes », explique-t-il avant d’ajouter en scrutant l’horizon : « Il m’est arrivé de modifier le temps, de faire apparaître des nuages ou le soleil lors de cérémonies. » Par Toutatis ! Pourvu qu’il ne nous fasse pas tomber le ciel sur la tête…





