À l’écoute de France Inter, Jean-Luc Mélenchon panique: ce Sapin qui cache selon lui la forêt de « fachos »…
Un tweet de Jean-Luc Mélenchon m’a fait bondir. « C’est d’une telle tristesse. France Inter après France Culture : la colonisation par les fachos est commencée. Comme quoi, la guerre menée par eux contre le service public a payé. Les chefs espèrent rester en poste après la victoire de Le Pen », écrit le leader LFI avant de rappeler que c’est lui qui gagnera. Ces « fachos » qui colonisent sournoisement l’audiovisuel public sont Charles Sapin, numéro 2 de l’hebdomadaire Valeurs actuelles recruté comme éditorialiste sur France Inter, et le matinalier de France Culture, Guillaume Erner, victime d’une chasse à l’homme haineuse au début de l’été pour avoir mal interprété un propos de Mélenchon — en réalité pour son sionisme persistant.
A lire aussi, éditorial: Liberté, liberté cherra
Panique au quartier général
Ce tweet résume la ligne anti-voltairienne des Insoumis, y compris du sympathique François Piquemal, intervenu hier matin à ce micro, en matière de pluralisme : « Je ne partage pas vos idées et je me battrai pour vous faire taire. » Or, cette intolérance fanatique fièrement revendiquée par LFI sévit désormais dans des lieux où devrait souffler l’esprit de liberté : les facs et de nombreux médias. Soixante-dix universitaires viennent par exemple de demander hier au Conseil d’État de fermer CNews et Europe 1 (comme Louis Boyard aux universités d’été de LFI). En quelques semaines, on a vu les rédactions de France Télévisions se mobiliser contre l’arrivée d’Eugénie Bastié du Figaro sur France 2, celle de BFMTV brandir des gousses d’ail devant Céline Pina et celle de France Inter éructer contre Charles Sapin, donc. Autrement dit, les journalistes, ceux-là mêmes qui devraient combattre la censure, en sont les zélés promoteurs. C’est un climat stalinien. Tous ceux qui contredisent la ligne du Parti sont des ennemis du peuple.
A ne pas manquer: Causeur #148: La dette publique, c’est moi!
Stalinisme au petit pied
Mais cet esprit totalitaire reste minoritaire, se rassure-t-on. Peut-être, mais la mélenchonisation des esprits contamine tout le « camp du Bien », donc imprègne l’esprit du temps. Elle prolifère grâce à un sophisme paresseux : le RN, c’est l’extrême droite, des « nazis au petit pied », dit Sophia Chikirou toute honte bue. Avec les nazis, on ne cause pas, on cogne. On interdit, on bannit, on dénonce. Dans ce monde, le sectarisme est un héroïsme. De LFI aux universitaires, un élu RN n’est pas un adversaire, mais un ennemi, un nuisible.
Or, la démocratie, ce n’est pas seulement des procédures, des votes, etc., mais une conversation civique. Un peuple, ce sont des gens d’accord pour être en désaccord et régler pacifiquement leurs conflits. C’est l’esprit des Lumières, la discorde civilisée, donc l’esprit français. Pour Mélenchon, en paraphrasant Clausewitz, la politique est au contraire la poursuite de la guerre civile par d’autres moyens.
Ses électeurs, ceux qui croient vraiment qu’il fera régner plus de justice et ramènera la prospérité, doivent savoir à quoi ressemblerait une France présidée par Jean-Luc Mélenchon. Un enfer pour ses opposants. ET pour tous ceux qui, parce qu’ils aiment vraiment la liberté, défendent celle de leurs adversaires.
Les moissons de la colère: Plongée dans l'Europe nationaliste (2026)
Prix: 7,00 €
1 d'occasion et neuf disponible à partir de 7,00 €
Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio
Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Jacques Cardoze
Causeur ne vit que par ses lecteurs, c’est la seule garantie de son indépendance.
Pour nous soutenir, achetez Causeur en kiosque ou abonnez-vous !




