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Mini-jupe, moquerie et liberté: mon programme pour la rue

Le regard libre d’Elisabeth Lévy


Mini-jupe, moquerie et liberté: mon programme pour la rue
Le député RN Jean-Philippe Tanguy, avril 2025 © LEO VIGNAL/SIPA

Faut-il interdire le voile dans la rue ? Élisabeth Lévy donne son avis dans sa chronique radio.


S’il arrive à l’Élysée en 2027, le RN veut interdire le voile islamique dans l’espace public. L’annonce a été faite par Jean-Philippe Tanguy dimanche soir sur BFMTV. Le port du voile serait puni d’une amende. Comme pour “les gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité en voiture”. Objectif : combattre l’islamisme et exprimer notre solidarité avec les femmes obligées de le porter. Cette loi serait adoptée par référendum pour contrer le risque de censure du Conseil constitutionnel.

Soyons clairs. La multiplication des voiles dans l’espace public me chiffonne. Pas parce qu’ils attentent à la liberté des femmes voilées (je ne vais pas décider pour elles et à leur place ce qu’est être libre), mais parce que le voile islamique est contraire à l’identité française : mixité, liberté, discrétion religieuse.

Le voile, pour les Français, c’est une proclamation de séparatisme sexuel (ne soyons pas naïfs, beaucoup choisissent leurs partenaires dans leur communauté, mais on n’est pas obligés de l’afficher). C’est un étendard politique (peut-être purement religieux chez certaines femmes, il est assurément identitaire et donc politique chez beaucoup de jeunes femmes qui y voient la traduction visible du refus des valeurs et des mœurs communes. Musulman d’abord !). Et ne l’oublions pas, le voile est l’uniforme de nos ennemis djihadistes et le front prioritaire de l’entrisme frériste. Les Frères musulmans mobilisent les jeunes femmes pour nous tester. On les a récemment vus à la manœuvre dans le sport avec le mouvement des « hijabeuses ».

Donc, je devrais en toute logique approuver cette proposition du RN.

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Non. Je suis pour le respect intransigeant de l’interdiction des signes religieux à l’école publique et son extension dans les administrations, les tribunaux et sur les terrains de football. Mais je suis totalement contre l’interdiction dans la rue. Pas parce que ce serait inapplicable : si on dresse des amendes pour excès de vitesse, on peut bien mettre des amendes aussi efficaces pour le voile.

Pour les jeunes musulmanes — remontées par les imams TikTok, l’audiovisuel public et Jean-Luc Mélenchon, qui parle d’une « mesure ignoble » —, ce serait une bénédiction. Pourquoi ? Hurler à l’islamophobie, c’est encore plus gratifiant que se voiler. On créerait ainsi une escouade de « victimes » brailleuses.

Mais c’est d’abord pour moi. Je veux vivre dans une société libérale. Je ne peux pas défendre les Iraniennes en réinventant la police du vêtement, même pour la bonne cause. Le voile exprime des opinions et une vision du monde qui me choquent, mais tout comme je demande aux musulmans d’accepter les caricatures de Mahomet, j’accepte de vivre avec des idées et des symboles qui me choquent. Dans la rue, les musulmanes doivent être libres de se voiler. À une condition : je suis libre de le désapprouver et même d’ironiser. Et peu importe que leur voile soit religieux ou identitaire. En France, on a le droit de se moquer des religions et des identités. Ce n’est pas du racisme. Déconner sur la kippa ou même sur le prépuce de Bibi, ce n’est pas pareil qu’agresser des étudiants juifs.

Pour conclure, je dirai simplement et fraternellement à mes compatriotes musulmanes qu’elles se font manipuler par les islamo-gauchistes qui ne les aiment pas, et que les cheveux au vent et la mini-jupe, c’est super.


Cette chronique a été diffusée sur Sud Radio

Retrouvez Elisabeth Lévy dans la matinale de Jacques Cardoze à 8 heures, du lundi au jeudi.




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Fondatrice et directrice de la rédaction de Causeur. Journaliste, elle est chroniqueuse sur CNews, Sud Radio... Auparavant, Elisabeth Lévy a notamment collaboré à Marianne, au Figaro Magazine, à France Culture et aux émissions de télévision de Franz-Olivier Giesbert (France 2). Elle est l’auteur de plusieurs essais, dont le dernier "Les rien-pensants" (Cerf), est sorti en 2017.

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