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G-W. Goldnadel: le privilège rouge est vif quand il s’agit des juifs

LFI tient une ligne politique, ce ne sont pas des "dérapages" répétés


G-W. Goldnadel: le privilège rouge est vif quand il s’agit des juifs
OpenAI/Causeur

Le président d’Avocats sans frontières revient sur les récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon remettant en question le caractère terroriste du 7-Octobre.


Le 25 juin, Jean-Luc Mélenchon s’est présenté devant le tribunal de Paris pour soutenir Anasse Kazib, militant du groupe trotskiste Révolution permanente poursuivi pour apologie du terrorisme après avoir qualifié l’attaque du 7 octobre 2023 « d’offensive surprise contre l’État colonialiste d’Israël » et le Hamas de « résistance palestinienne ».

Dans son intervention, le Fureur Insoumis, pardon l’Insoumis en fureur, a bien sûr dénoncé la loi sur l’apologie du terrorisme. Mais c’est une autre phrase qui restera dans les annales : « Il est assez stupide de croire qu’il y aurait parmi nous des gens qui se réjouissent du terrorisme, à supposer que les actes dont on parle soient bien du terrorisme. »

« À supposer que… »

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Avec cette formule assassine, Mélenchon ose mettre entre parenthèses le caractère terroriste du massacre du 7-Octobre. Plus de 1 200 morts, hommes, femmes et bébés. Des civils égorgés dans leur maison, des viols collectifs sans discrimination de sexe, des enfants brûlés, des otages torturés. Tout cela est filmé, documenté et j’avoue me lasser de devoir le répéter.

Mais Monsieur Mélenchon, lui, « suppose ». C’est du négationnisme à la petite semaine. Feu Garaudy – que je fis condamner –, lui aussi d’extrême gauche avant de se faire mahométan, avait plus de talent. Mélenchon ne nie pas frontalement, mais introduit le doute avec une tartufferie consommée.

Surtout, Tartuffe ne s’arrête pas en route. Il ajoute que « la question de la forme de la résistance que l’on oppose à une oppression et à une occupation est une affaire qui se discute ». Comme si le massacre délibéré de civils juifs ciblés en tant que tels pouvait se discuter.

Ce n’est pas une dérive. C’est une ligne. Mélenchon a depuis longtemps installé son camp dans une zone grise, où l’antisémitisme se grime à peine en antisionisme. Ses attaques répétées contre le CRIF, ses amalgames sur la « finance internationale », sa défense de Jeremy Corbyn face aux accusations d’antisémitisme, sa petite phrase sur Jésus « mis en croix par ses propres compatriotes », tout cela forme un corpus cohérent.

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À chaque fois, il proteste. Avec mépris un jour. Avec indignation le lendemain. À chaque fois, il laisse derrière lui une traînée de doute et de blessures pour les juifs français.

Et pendant ce temps ? La presse progressiste fait le canard et France Télévision la bécasse. Ils évitent soigneusement les mots qui fâchent : antisémitisme, négationnisme… Ces mêmes médias qui traquent le moindre point-virgule à droite ferment les yeux quand c’est Mélenchon qui distille le poison. Comme si l’antiracisme proclamé dispensait de vigilance dès lors qu’il s’agit de la gauche radicale.

Mélenchon n’est pas un antisémite de bas étage qui crie des slogans dans la rue. Il est infiniment plus dangereux : il donne des gages, il ouvre des portes, il légitime. Il le fait avec la bénédiction d’une partie de la classe médiatique qui prétend incarner la morale.

Le 7-Octobre n’était pas une « offensive armée », c’était un pogrom terroriste islamiste. L’ériger en doute, même par une pirouette sémantique, n’est pas une position politique. C’est une saleté morale et historique. Une nouvelle pierre, particulièrement lourde, dans le jardin antijuif d’un homme que l’on continue, contre tout sens moral, à ménager.

Pour les juifs, le privilège rouge est rouge vif.

Été 2026 - #147

Article extrait du Magazine Causeur




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