Les raisons du lynchage mortel du jeune Louis, à Narbonne, restent inconnues. Âgé de 17 ans, présenté dans la presse comme sensible, TDAH et victime de harcèlement, le jeune homme a été passé à tabac par cinq voyous. Inconnu également, le lieu où se trouvaient les pères des jeunes criminels au moment de leur méfait, observe notre contributeur…
Louis, 17 ans, est mort assassiné par cinq gosses « ensauvagés » de son âge. Ils ont entre 16 et 19 ans. Ils lui ont tendu un piège, l’attirant sur un chantier. Les faits se sont déroulés à Narbonne, en France, dans le département de l’Aude, le vendredi 19 de ce mois de juin 2026. Il convient de le préciser, car on pourrait se méprendre et penser qu’une telle barbarie aurait relevé d’une époque d’avant l’Homo sapiens ou aurait eu pour cadre une contrée non encore touchée par la civilisation.
Cinq contre un
Ils l’ont roué de coups, encore et encore. À cinq contre un. On appréciera le niveau de lâcheté de ces sauvages. Ils l’ont laissé là, sur le sol, agonisant. Le pauvre a été découvert des heures plus tard, encore en vie. Il a alors été transporté à l’hôpital, où il est mort quatre jours plus tard des suites de ses blessures. Qui saura dire les souffrances endurées lors du massacre et dans les heures et les jours qui ont suivi ?
A lire aussi: Louis, la République et les meutes
On connaît le niveau de violence de l’agression, car à cette sauvagerie, les auteurs du carnage ont ajouté le cynisme et le sadisme de filmer la scène, jusqu’à saisir sur l’image la répugnante joie qu’ils éprouvaient à commettre leur crime. C’est ce qui les a trahis. Ils ont donc été appréhendés, confondus, mis en examen et placés en détention provisoire. Puisque la loi de la République nous y oblige, précisons qu’à ce jour, ils sont présumés innocents. La justice fera ce qu’elle a à faire.
M. Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, s’est tout naturellement autorisé à commenter l’affaire. On sait que parler là où la décence la plus élémentaire imposerait le silence est un travers ministériel extrêmement couru. On en a vu plusieurs exemples ces derniers jours autour d’une affaire, elle aussi, des plus révoltantes. Inutile, ici, de préciser, je pense. Que dit le ministre de l’Intérieur ? Bien sûr, il condamne. Bien sûr, il assure – une fois encore – que le gouvernement agit et agira. Que sa main de ministre ne tremblera pas et qu’on allait voir ce qu’on allait voir. On a entendu cela des dizaines de fois dans la bouche de dizaines de ministres de l’Intérieur.
Pas de caractère raciste avéré
Surtout, M. Nunez tient à dénoncer « une exploitation du drame par l’extrême droite ». Une mobilisation qui ne serait aucunement justifiée selon lui, le procureur de la République, patron de l’enquête, affirmant qu’il n’existe aucun « caractère raciste avéré » dans cette tuerie. Dont acte. Précisons que Louis est blanc. Eût-il été « racisé », M. le Procureur aurait-il été aussi péremptoire ? Serait-il allé aussi vite en besogne ? Assurément non. Passons.
A lire aussi: Des inspections, des regrets, et après ?
Pour le ministre, cette précision est une aubaine. Une exploitation pouvant en cacher une autre, il s’est empressé « d’exploiter » les propos du procureur pour occulter – au moins en partie – le vrai problème, agitant le spectre d’un péril qu’il feint de considérer comme plus terrible encore que celui de ces hordes incontrôlables : celui de l’extrême droite. Là aussi, on connaît la chanson. Ensuite, le ministre de l’Intérieur se fait psycho-sociologue de très haut niveau lorsqu’il ajoute, je cite : « Cette affaire ne pourra pas nous exonérer de nous interroger sur la prise en charge des enfants et de cette violence totalement débridée d’une partie de la jeunesse. » Donc, M. le ministre a la bonté de nous informer de son intention de réfléchir. On l’en remercie. Agir, une fois de plus, est probablement remis à plus tard.
Certains des tueurs de Louis, comme lui-même d’ailleurs, sont passés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), ce qui explique l’allusion du ministre à la prise en charge des enfants. Par qui ? L’État, aux frais du contribuable ? Ou en imposant enfin au géniteur – le mâle procréateur, précisément, oui, le mâle ! – d’assumer ses responsabilités dès la première incartade de son rejeton ? Mettre fin à sa scandaleuse impunité. On l’identifie, on le recherche et à lui les travaux d’intérêt général, les amendes, dès les premières incivilités de son gamin. Nul doute qu’après cela, il saura faire ce qu’il faut auprès de l’apprenti sauvageon pour qu’il se tienne tranquille. Et si, au moins, on essayait cela, au lieu de s’abriter derrière la vague promesse de « réfléchir » et de « réfléchir » encore… ?





