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Iran: l’obscène jubilation des anti-Trump

Le billet politique d’Ivan Rioufol


Iran: l’obscène jubilation des anti-Trump
Les présidents Donald Trump et Emmanuel Macron lors d'une réunion bilatérale en marge du sommet du G7, le lundi 15 juin 2026, à Évian-les-Bains © Julia Demaree Nikhinson/AP/SIPA

Le deal, qui semble un peu bâclé, de Trump avec les Iraniens suscite la curieuse satisfaction de beaucoup en France. Ce soir, le président américain sera reçu en grande pompe sous les dorures de Versailles pour « un dîner de travail », selon l’Elysée…


La propagande iranienne a ses alliés naturels : les médias français se bousculent pour désigner Donald Trump en grand perdant dans la guerre lancée le 28 février et suspendue le 14 juin. Son échec est-il aussi évident ? La veille de l’accord, l’ex-ambassadeur Gérard Araud daubait mondainement à l’antenne de LCI sur l’idée saugrenue que les Iraniens puissent signer la paix le jour anniversaire du président américain. Pourtant, c’est bien ce « cadeau » qui a été fait à Trump. Le geste devrait être confirmé vendredi, à Genève. Le texte prévoit notamment, outre le cessez-le-feu, le rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz et l’engagement des mollahs à renoncer à l’arme nucléaire. Soixante jours sont programmés pour consolider ces promesses. 

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Tout reste fragile. Néanmoins, Le Monde daté de ce mercredi rend compte de la protestation des conservateurs du régime face à ce rapprochement entre les Gardiens de la révolution et les Etats-Unis. Lors de sa poignée de mains avec Trump, lundi au G7 d’Evian, Emmanuel Macron a gardé avec désinvolture sa main gauche dans la poche tandis que l’Américain, visage fermé, ne lui accordait pas un regard. Le dîner de gala prévu ce mercredi à Versailles détendra-t-il l’atmosphère ? La diplomatie française n’est pas la dernière à avoir pris ses distances avec les Etats-Unis et à souligner non sans plaisir leur humiliation. Certains macroniens soutiennent, à l’instar de Valérie Hayer en mars : « Les Etats-Unis, sous Trump, ne sont plus nos alliés ». La France capitularde ne cache pas non plus son hostilité à l’égard d’Israël. Au salon mondial de la défense et de la sécurité Eurosatory, à Paris, une douzaine d’entreprises israéliennes ont été dissimulées par des palissades sur ordre des pouvoirs publics, dans la mise en scène obscène d’une hostilité à l’Etat juif.

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Une lâcheté poisseuse ressort des jubilations de la France et de l’Union européenne. Rien n’est plus convenu que de se désolidariser des Etats-Unis et d’Israël, à la satisfaction du régime apocalyptique de Téhéran et des islamofascistes qui pavanent sur les réseaux sociaux. Il est certes navrant que la dictature chiite tienne encore, en dépit des 24000 frappes de la guerre des 100 jours. L’histoire dira si Trump n’a pas fait l’erreur d’interrompre l’offensive et d’avoir pris ses distances in fine avec la radicalité de Benyamin Netanyahou. Cependant, le peuple iranien opprimé est le seul juge de cette intervention, pour l’instant décevante. « L’effet drapeau » qu’avancent des commentateurs paresseux pour suggérer une solidarité de la société civile avec ses dirigeants attaqués est une farce. Les Iraniens oubliés demeurent les premiers opposants à leurs bourreaux. Or ceux-ci ont été, malgré tout, sévèrement atteints. Pour sa part Israël, Etat paria s’il en est, a fait voir au monde ce qu’était la force d’une petite nation renaissante décidée à sauver sa peau. Le courage de l’Etat hébreu, qui veut briser le Hezbollah après le Hamas, fait ressortir la pétainisation de la France, prête aux compromissions avec l’islam totalitaire et conquérant. Il est reposant d’accabler en chœur les deux dirigeants occidentaux qui ont osé combattre l’islam obscurantiste et ses collaborateurs. Il serait plus responsable de les remercier d’avoir entamé, même maladroitement, le sale boulot.

La révolution des oubliés

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Journaliste, éditorialiste, essayiste. (ex-Le Figaro, CNews, Causeur)

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