Près de trente ans après avoir ramené la Coupe du monde, le footballeur Lilian Thuram s’est reconverti dans l’antiracisme antiblanc à plein temps. Retour sur un parcours étonnant.
Alors que la France va disputer la Coupe du monde de foot et espère remporter un troisième titre (après ceux de 1998 et 2018), c’est le moment de rendre hommage à un joueur qui a ouvert la voie à ces succès : en 1998, en demi-finale, alors que la France est malmenée et menée 1 à 0 par la Croatie, un homme, touché par la grâce, marque deux buts et qualifie son équipe. Son nom est Thuram, Lilian Thuram. En finale, deux coups de boule de Zidane (cette fois dans un ballon pour marquer des buts) et un coup de patte de Manu Petit infligent un cinglant 3-0 au Brésil. La France Black-Blanc-Beur, célébrée par Chirac, est championne du monde pour la première fois !
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Un quart de siècle a passé. Et Thuram a beaucoup changé. Lui regarde un passé plus lointain qui peut remonter à des millions d’années. Dans Mes étoiles noires (livre publié en 2010), il estime que les ossements de la « doyenne » du monde, Lucy (3,2 millions d’années), ayant été retrouvés en Éthiopie, l’Afrique est le berceau de l’humanité. Qu’Adam et Ève aillent se rhabiller. Depuis il joue sur le terrain du racisme. Lors des dernières élections municipales, il apporte son soutien au nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, qu’il estime victime de négrophobie et du narcissisme blanc ; mi-mai il en remet une couche, lors d’un forum sur la décolonisation à Istanbul, où il dénonce encore et toujours le racisme lié à « l’idéologie du suprémacisme blanc ».
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Mais quelle mouche a piqué le héros de France-Croatie de 1998 ? Depuis qu’il a arrêté sa carrière et chaussé des lunettes, il voit le mâle (blanc) partout… Peut-être a-t-il été frustré de ne pas entrer au musée Grévin, où des Platini et Zidane ont eu droit à leur statue de cire ? Pourtant, Lilian est entré au musée de l’Homme. Lors de l’exposition en 2007-2009 « La saga de l’Homme », un moulage en 3D de son crâne a été exposé, aux côtés des crânes de l’homme de Cro-Magnon et de René Descartes, comme « symbole pour aborder le thème de l’unité de l’espèce humaine dans le temps et l’espace ». Aujourd’hui ce symbole n’est plus exposé. Aurait-on volé le crâne de Thuram ? Non pas, il est conservé à la cave, dans les réserves du musée. Les mauvaises langues disent que la tête de l’ex-joueur ayant gonflé, les dimensions du moulage ne sont plus fidèles. Étrange, en général, avec un footballeur prétentieux, ce sont les chevilles qui enflent.




