La Commission de Charles Alloncle n’a pas fini de nous en apprendre des vertes et des pas mûres! L’association écolo QuotaClimat, auditionnée lors de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, y est apparue pour ce qu’elle est: une organisation censoriale et policière au service d’une écologie politique imposée dans les médias publics. En cherchant à censurer les voix controversées dans le débat sur le changement climatique, elle se rend coupable d’une nouvelle sorte de «bien-pensance» et empêche la critique légitime de certaines dérives de cette écologique politique.
Tant d’informations capitales ont émergé des travaux parlementaires dirigés par Charles Alloncle, que celle-ci est un peu passée sous les radars. Pourtant, c’est peu de dire qu’Eva Morel et Jean Sauvignon, respectivement secrétaire générale et directeur data de l’association écologiste QuotaClimat, n’ont guère goûté la table ronde organisée le 26 mars dernier dans le cadre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public et ayant pour objet l’information scientifique dans les médias, particulièrement dans les médias publics. Avant de rapporter ce qu’a révélé cette très instructive audition, retraçons la vie et l’œuvre de QuotaClimat.
Les climatosceptiques étroitement surveillés
Créée en 2022, cette association écologiste avait pour mission originelle d’inciter les médias audiovisuels à traiter assidûment les sujets écologiques autour du climat – elle comptait y imposer « un quota d’informations environnementales » représentant jusqu’à… 20 % de temps d’antenne. L’écologie politique affectionnant la surveillance, le contrôle et la remise sur le droit chemin des récalcitrants, l’association a rapidement décidé qu’il lui fallait de plus lutter contre ce qu’elle appelle « la désinformation environnementale dans les médias ». Elle a pour cela créé un “Observatoire des médias sur l’écologie” chargé de détecter les cas de « désinformation climatique » et de dénoncer les hérétiques à qui de droit, entre autres à l’Arcom auprès de laquelle elle a multiplié les saisines, avec quelques résultats : une amende de 20 000 euros pour CNews, une mise en demeure adressée à Sud Radio, une réprimande émise à l’encontre de Radio Classique.
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Ce que QuotaClimat appelle « désinformation climatique » est en réalité tout ce qui n’entre pas dans le cadre politique des rapports du Giec, de l’écologie militante représentée par des activistes comme Camille Étienne, Claire Nouvian ou Sandrine Rousseau, des institutions publiques comme l’Ademe, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie réputée surtout pour avoir indiqué aux Français la fréquence à laquelle ils doivent, s’ils veulent sauver la planète, laver leurs slips, pantalons et autres pyjamas. L’association QuotaClimat veille à ce qu’il soit difficile, voire impossible de dénoncer les discours apocalyptiques menant à des décisions absurdes, inutiles et coûteuses, de remettre en cause les aides pharaoniques de l’État pour les énergies dites renouvelables, la rénovation énergétique ou l’achat de véhicules électriques, de critiquer les ZFE et toutes les décisions issues des instances bruxelloises sur la « décarbonation » mettant pourtant à mal notre agriculture et notre industrie, de valoriser l’énergie nucléaire, etc. L’association militante et policière refuse le débat et interdit que celui-ci puisse trouver une place dans l’espace médiatique. Tout ce qui s’oppose à son idéologie est qualifié de « climatosceptique ». Il est sous-entendu que les médias et les personnes qui ne gobent pas, entièrement et sans discuter, sa propagande, sont des suppôts de la droite conservatrice, voire de l’extrême droite.
Modeler le paysage informationnel
Cette association comprend dans ses rangs, à titre de caution scientifique, le mathématicien et chercheur au CNRS David Chavalarias qui initia HelloQuitteX, l’opération de migration des utilisateurs du réseau social X, jugé trop permissif, vers Bluesky ou Mastodon – ces gens-là aiment que la liberté d’expression des autres soit encadrée le plus étroitement possible afin que seule la divulgation de leurs messages doctrinaires soit permise. Sur le site de l’association, les méthodes de propagande sont étalées au grand jour: « Augmenter le temps médiatique dédié aux sujets environnementaux pour faciliter l’adhésion tout en médiatisant l’urgence. Visibiliser les personnes et organisations ayant entrepris des mesures de transition. Mettre en récit la transition pour lui permettre d’infuser dans nos perceptions quotidiennes. Modeler le paysage informationnel. » On ne saurait être plus clair. Radio France, qui fait partie des médias les plus perméables au dogme de cette écologie sectaire, a parfaitement intégré le concept propagandiste de celle-ci. Dans sa charte intitulée Le Tournant, la direction de la radio publique dit s’appuyer sur « un consensus scientifique international solide, documenté par le GIEC » et se tenir « résolument du côté de la science, en sortant du champ du débat la crise climatique son existence comme son origine humaine ». Or, ce consensus n’existe pas: « La controverse actuelle sur l’impact de l’homme sur le climat, bien que présentée comme un débat clos par les médias dominants, reste vivace dans certains cercles. L’opposition à ce qui est perçu comme un dogme scientifique persiste, alimentée par des arguments sérieux, mais freinée par l’inégalité des moyens et par des intérêts financiers qui soutiennent la position dominante », écrit l’ingénieur et docteur en Sciences appliquées Samuel Furfari, après avoir travaillé 36 ans à la direction générale de l’énergie de la Commission européenne, dans son dernier ouvrage[1]. L’ancien commissaire européen à l’environnement Carlo Ripa di Meana, qui est à l’origine de la première COP à Rio, a lui aussi déchanté au fil des années, des COP et des rapports du GIEC : « Je ne crois plus dans le dogme du réchauffement climatique causé par l’homme et, par conséquent, je ne crois plus à l’origine anthropique de l’effet de serre. Dès lors, je ne crois plus à la théorie qui en découle, propagée ces dernières années par le GIEC. […] De nombreuses études attestent que des changements climatiques beaucoup plus conséquents que les changements actuels ont eu lieu bien avant que l’homme puisse avoir un impact significatif sur l’écosystème. » Et de dénoncer les « positions douteuses » du GIEC résultant de « la pression de certains États et de certains secteurs industriels », en particulier du «lobby éolien, qui a fait son miel des subventions et des prix énergétiques politiquement imposés ». Des milliers de scientifiques, physiciens, climatologues, géologues, pensent peu ou prou la même chose – beaucoup se taisent pour ne pas nuire à leur carrière ; ceux qui osent aller à l’encontre de la doxa sont tout bonnement interdits d’expression dans les médias dominants. QuotaClimat veille à ce qu’aucun de ces réfractaires à l’idéologie climatique en vogue ne puisse prendre la parole dans les médias et n’hésite pas à multiplier les actions auprès de l’Arcom si nécessaire. Lors de son audition à la commission sur l’audiovisuel public, la co-fondatrice de QuotaClimat Eva Morel, friande de nombres magiques, a affirmé que France Info Radio est vingt-deux fois moins perméable à la désinformation climatique que… CNews, et que France Inter est trente fois moins perméable à la désinformation publique que… Sud Radio. Sur son site, elle se réjouit des réprimandes que l’Arcom a adressées à cette dernière à de multiples reprises. Rendez-vous compte: le physicien François Gervais a osé y affirmer qu’il y a « toujours eu des fluctuations du climat » ; le professeur en sciences économiques Rémy Prud’homme n’a pas hésité à y soutenir la thèse « selon laquelle le changement climatique serait une science “floue et douteuse” » ; l’essayiste Christian Gérondeau, quant à lui, a carrément affirmé qu’il y a déjà eu des températures élevées autour de l’an 1000 et que « cela n’était pas dû aux voitures diesel ». C’est également après une saisine de l’association auprès de l’Arcom – suite aux propos de l’économiste Philippe Herlin remettant en question le « réchauffement climatique anthropique » – que CNews a été sanctionnée d’une amende de 20 000 euros. Conclusion de la contrôleuse en chef : « Le climatosceptiscime n’est dès lors plus considéré comme une opinion, mais comme de la désinformation. » La censure institutionnalisée est affirmée sans détour. Le contrôle est constant. La police écologique veille 24 heures sur 24. Elle est payée pour ça. Mais au fait, qui finance QuotaClimat ?
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L’association bénéficie de subsides provenant de la Fondation de France et d’argent public émanant des caisses du ministère de la Culture et de la communication, de l’Ademe et de… l’Arcom. Selon deux enquêtes menées, l’une par l’hebdomadaire Le Point, l’autre par la revue Transitions et Énergies, QuotaClimat aurait obtenu en deux ans plus de 800 000 euros de subventions, auxquels il faut ajouter les sommes versées par des acteurs financiers et industriels engagés dans la transition énergétique. Cette opération parasitaire de captage d’argent public et privé nécessite d’entretenir des rapports complaisants et intéressés avec les différentes institutions, parfois elles-mêmes superfétatoires et onéreuses, gravitant autour de l’écologie. La rédaction de Transitions et Énergies rappelle qu’en octobre 2025, QuotaClimat a organisé à l’Assemblée nationale un colloque sur la lutte contre « l’essor de la désinformation climatique » au cours duquel, dans une lénifiante atmosphère d’entre-soi, sont intervenus Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre de la Transition écologique, Jean-François Soussana, président du Haut Conseil pour le climat, Bénédicte Lesage, membre du collège de… l’Arcom, et Lilia Saurin, secrétaire générale adjointe de… France Télévisions. Mme Pannier-Runacher elle-même a semblé gênée par les interventions autoritaires des représentants de l’association et a cru bon d’expliquer « qu’il est nécessaire de débattre du chemin pour mener la transition écologique » et que ce chemin « n’est pas unique ». Elle est, a-t-elle ajouté, « contre toutes les formes d’atteintes à la liberté de la presse. On ne peut pas définir une forme de bien-pensance ». C’est pourtant bien ce que font les militants de QuotaClimat.
Lors de la table ronde qui s’est tenue dans le cadre de la commission sur l’audiovisuel public, Géraldine Woessner, rédactrice en chef du pôle Environnement au Point et co-auteur d’un essai sur l’écologie politique[2], a dénoncé « l’idéologie de QuotaClimat [prenant] le pas sur la science » et, ce faisant, se livrant à ce que l’association ne cesse pourtant de dénoncer, à savoir la désinformation: « Lorsque QuotaClimat recense 529 cas de désinformation environnementale, certaines affirmations classées comme fausses relèvent pourtant de faits établis. Dire que le soutien public aux énergies renouvelables atteindra des dizaines de milliards d’euros n’est pas une fake news: la Cour des comptes l’a évalué récemment à 84 milliards d’euros. » Elle relève que l’écologie politique prescrite par des associations comme QuotaClimat a fait de la décroissance l’unique moyen de lutter contre le réchauffement climatique et qu’ainsi, dans les médias, « toute approche non décroissante devient suspecte : le nucléaire, les solutions technologiques, la méthanisation ou les retenues de substitution sont disqualifiées par principe, sans analyse contextuelle. Cette vision très radicale, participe elle‑même insidieusement à une forme de désinformation scientifique sur certaines antennes du service public ». Sachant les critiques qui sont adressées à cette association notoirement connue pour sa radicalité, le rapporteur Charles Alloncle s’étonne d’une réunion organisée à l’Élysée par le militant écologiste Benoît Faraco opportunément promu par le chef de l’État « ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique » (sic), ayant eu pour but « de positionner QuotaClimat comme organisation de référence dans la lutte contre la désinformation climatique dans les médias ». Le président de la commission Jérémie Patrier-Leitus note de son côté que « les représentants de QuotaClimat sont invités sur France Culture et France Inter » mais qu’en « écoutant ces émissions, comme Zoom Zoom Zen, [il n’a pas eu] le sentiment que le contradictoire était pleinement respecté, les points de vue semblant largement convergents ». Ce n’est rien de le dire. Pourtant, l’Arcom n’a pas cru nécessaire de rappeler à l’ordre Radio France. Se pourrait-il que les liens que cette honorable institution a noués avec QuotaClimat aient brouillé son jugement ? Nous n’osons y croire…
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[1] Samuel Furfari, La vérité sur les COP, trente ans d’illusions, 2025, éditions de L’Artilleur.
[2] Géraldine Woessner et Erwan Seznec, Les Illusionnistes – Climat, agriculture, nucléaire, OGM : enquête inédite sur les dérives de l’écologie politique, 2024, éditions Robert Laffont.




