Alors que les sénateurs sont sur le point d’entériner la légalisation de l’euthanasie, et son inscription contre-nature dans le champ médical du soin, Stéphanie Rist est très occupée ailleurs…
C’est qu’elle a fort à faire, Madame la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, si elle veut vivre encore un peu et garder son siège de députée de la première circonscription du Loiret, celle-là même qui, au sud du fleuve, la Loire, semble avoir épousé le territoire de la ritournelle célèbre : « Orléans-Beaugency-Notre-Dame de Cléry ».
Au second tour, dimanche prochain, elle sera aux prises avec Tiffanie Rabault, la candidate du RN, la représentante du camp du conglomérat de gauche ayant été éliminée de la compétition dès le premier tour, n’ayant pas rassemblé sur son nom les 12,5 %, le quota couperet en-deçà duquel on ne peut se maintenir.
L’abstention de ce premier tour étant d’un peu plus de 70% les jeux sont loin d’être faits pour la sortante qui, donc, comme dirait l’autre, particulièrement en verve, pourrait bien être de sortie.
On comprend dès lors qu’elle tienne à occuper le pavé dans sa circonscription ces jours-ci pour tenter de s’éviter le grand désagrément de devoir rentrer à la maison.
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On comprend moins cependant qu’elle donne la priorité aux serrements de pognes, aux foires et marchés, aux estrades de rencontre, à la distribution de prospectus avec promesses mirobolantes et photos avantageuses, cela dans le moment où le Sénat de la République étudie et doit se prononcer sur le texte législatif appelé à réglementer en France la pratique de l’euthanasie, projet que Madame la Ministre soutient ardemment et qui, de mon modeste point de vue, mériterait de figurer tout en haut du palmarès des monstruosités que la barbarie policée a pu produire au fil de l’histoire, juste au-dessus de ce que proposait le bienfaiteur de l’humanité à moustache et dit-on à couille orpheline – l’Adolf, vous l’aurez compris – pour régler le sort de ceux que son régime de mort qualifiait de déficients mentaux. L’emballage aujourd’hui est moins violent d’apparence, certes, mais à terme on pourrait aboutir, de proche en proche, là aussi en plus feutré, à des résultats voisins. Il semblerait que des dérives fort regrettables de ce genre aient été observées au Canada et en Belgique…
Dans mon infinie bonté, je tiens tout de même à faire observer que ces gens-là, je veux dire la ministre Rist et ses compagnons de route, devraient être félicités pour leur sens très particulier de l’humour. Noir, l’humour, bien entendu. Car il en faut, lorsqu’on bat pavillon Renaissance, ce beau mot et stimulant concept de « renaissance », aller se vautrer dans la justification, la légalisation de la mort donnée. Avec, cerise noire sur le cercueil, le cynisme de qualifier de « soins » le dispositif de mise à mort. Humour très sombre, disais-je…
Donc, un bon point pour l’humour, si l’on y tient. Mais surtout toutes nos félicitations pour la très grande cohérence dont fait preuve Madame la ministre dans sa démarche en vue de sauvegarder sa prébende.
Cohérence en effet, lorsqu’on se déclare porteuse d’une loi sur l’euthanasie, de vouloir à toutes fins prolonger encore et encore le beau travail entrepris par son parti et les siens depuis bientôt dix ans : l’euthanasie de la France.
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