À la campagne, les agriculteurs disparaissent peu à peu. À l’Assemblée nationale, les élus débattent de « l’aide à mourir ». À Lyon, Quentin a été massacré par des salopards. Triste époque.
Avez-vous des nouvelles récentes des trumpistes français ? Où sont passées les casquettes rouges des MAGA tricolores ? Ils vont très certainement retrouver les plateaux TV pour dire leur soutien à leur héros de Mar-a-Lago, qui vient d’enregistrer une spectaculaire défaite après la décision de la Cour suprême des États-Unis. Alors que D. Trump y dispose d’une majorité de juges, l’humiliation est d’autant plus grande. Se pose aujourd’hui la question de l’éventuel remboursement de plus de 175 milliards de dollars de droits de douane déjà versés par des pays importateurs et illégalement taxés.
« Si la décision est défavorable, nous sommes foutus », aurait dit Trump à ses plus proches conseillers. Réagissant à chaud à la décision de la Cour suprême, il dénonce, au sein même de la juridiction suprême, « l’influence indue d’intérêts étrangers ».
Un récent sondage indique que six Américains sur dix sont insatisfaits, ramenant Trump au niveau d’impopularité qui était le sien après l’attaque du Capitole, en janvier 2021.
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Nous avons eu un Salon de l’agriculture sans bovins. Et sans vision pour l’avenir des fermes françaises, de celles et ceux qui nous nourrissent. De moins en moins, puisque la France a perdu l’an dernier sa souveraineté alimentaire, avec un solde commercial nul. Il en a été si peu question dans nos débats publics, alors que c’est essentiel.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Ceux qui ont, de tout temps, approuvé les traités de libre-échange dénoncent aujourd’hui le Mercosur. Allez, encore un petit effort, et vous reconnaîtrez les conséquences désastreuses de la surtransposition des normes européennes.
A-t-on connu un « plan social » aussi massif dans les dernières décennies ? Les agriculteurs ne représentent plus aujourd’hui que 1 % des actifs. On compte 350 000 exploitations. Il y en avait un million à la fin des années 1980. La disparition des paysans est le véritable grand remplacement de notre époque. Et cela commence à se savoir, comme quand les consommateurs constatent la pénurie d’œufs dans les rayons.
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« L’aide à mourir » est de retour. Comme lors de la première lecture du texte à l’Assemblée nationale, je n’aime pas ce qui m’apparaît de plus en plus comme un basculement vertigineux. Rien ne va.
D’abord, l’hypocrisie qui consiste à ne pas bien nommer les choses. Il faut donc parler d’« euthanasie » et de « suicide assisté ». Et dire combien la puissance publique devrait d’abord et avant tout garantir une « aide à vivre ».
Car on le sait bien : les plus pauvres, les plus vulnérables, les plus fragiles et les plus isolés seront les premiers à se considérer comme inutiles, comme un « coût » pour notre système de santé. À quoi bon vivre, alors, quand la vie n’est que survie ?
En 2016, la loi Claeys-Leonetti a clarifié les conditions de l’arrêt des traitements au titre du refus de l’obstination déraisonnable, en réaffirmant le droit du malade à bénéficier d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès lorsque le pronostic vital est engagé à court terme. Il s’agissait d’un véritable joyau législatif.
En dix ans, rien n’a été fait pour le développement des unités de soins palliatifs. « Oui, mais cela coûte cher »… Quand j’ai entendu cette réflexion dans la bouche d’un chroniqueur, j’ai éteint ma télévision. Ad nauseam.
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J’ai fait de même quand il a été question de l’organisation de la marche en mémoire de Quentin Deranque. L’une des organisatrices est une militante anti-avortement qui juge que Simone Veil a « causé le plus grand massacre de l’histoire de France ». J’aurais quelques difficultés à établir un dialogue avec un tel postulat de départ.
Mais, après ce que j’ai lu sur Quentin, j’aurais aimé échanger avec lui. Qu’il m’explique ses chemins personnels, le conduisant à la foi et à l’engagement politique sur une rive à l’extrême opposée de la mienne, quand j’avais son âge.
Sa tête a été massacrée par des salopards. Je n’ai pas aimé les réactions commençant par « aucune idée ne mérite… ». Le fond de l’air est putride.




