630 millions de personnes sur Terre souhaitent émigrer dans l’année qui vient. Rassurons-nous, elles n’ont pas toutes l’intention de venir chez nous. On trouvera peut-être dommage de se priver de 630 millions de chances pour la France du côté de la gauche angélique, de 630 millions de bas salaires pour les employeurs qui font marner des travailleurs clandestins et de 630 millions d’arguments électoraux pour Claude Guéant.

Néanmoins, d’après l’enquête menée par l’Organisation Internationale des Migrations et l’institut de sondage Gallup depuis 2005, nous arrivons quand même juste après les Etats-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne dans les pays les plus désirables, sans doute grâce à nos jolies femmes, nos fromages et quelques lambeaux d’Etat-providence qui flottent encore par-ci par-là.

Nous sommes devant l’Australie qui a pourtant de l’espace, des kangourous et a inspiré au regretté ADG un de ses derniers romans, Kangouroad movie[1. Gallimard, collection la Noire]. Nous sommes aussi devant l’Espagne qui doit plutôt faire office, elle, d’eldorado pour squatteurs étant donné le nombre de logements vides, notamment en bord de mer, restés en rade depuis l’éclatement de la bulle immobilière.

A elle seule, malgré tout, l’Union européenne est une destination souhaitée par 178 millions de personnes dont 36 millions viennent d’Europe elle-même, comme les Roms, par exemple qui sont devenus des spécialistes des allers-retours France-Roumanie. Mais qui, depuis quelques temps, sont suivis par les jeunes diplômés en informatique ou en droit, grecs ou portugais, qui font paraît-il, d’excellents serveurs berlinois ou vendeurs d’écharpes en cashmere chez Harrod’s.

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