Ayant œuvré avec abnégation à emmerder les fumeurs et les producteurs de fromage au lait cru, les eurocrates sentent à présent un peu las, oisifs, vaguement déprimés ! Mais ces gens font partie de l’élite fière et ardente qui illumine le monde et ce passage à vide n’est déjà plus qu’un mauvais souvenir !

En effet, nos fonctionnaires européens plancheraient actuellement sur un nouveau projet qui devrait justifier leurs plantureux émoluments: la taxe sur la malbouffe !

Petit problème : qui va décider ce qu’est la malbouffe et sur base de quel critère ? On l’ignore encore. Verra-t-on unis dans un même destin taxé le hamburger dégoulinant, la choucroute bavaroise et le foie gras mi-cuit au Sauternes ? Qui sait….

Mais ce qui est le plus épatant, dans cette histoire, c’est l’idée même de taxe.

Les esprits simples pensaient qu’une taxe, c’était une sorte d’impôt pour un dommage ou une charge que l’on faisait peser sur la collectivité, telles les taxes sur les immondices ou sur le carbone. Ou alors, dans le cas de la TVA, c’était une participation volontaire des consommateurs au Trésor public qui, paraît-il, en a bien besoin.

Mais dans le cas de la malbouffe, ça devient nébuleux. Fait-on peser une charge sur la collectivité lorsque l’on s’enfile un hot-dog saturé de graisse ? S’enrichit-on outrageusement lors de la dégustation de frites-mayo ? Il semblerait que non.

Mais ce ne sont pas ces oiseuses considérations linguistiques, ces byzantines dissertations sur le sexe des mots qui feront reculer les créatifs taxeurs !

Tant pis pour la sémantique, taxe il doit y avoir, taxe il y aura ! La junkfood menace les valeurs fondatrices de l’Europe, l’urgence absolue du moment, c’est donc de moraliser les cheeseburgers !