Si elle est à l’avant-garde de la mobilisation, l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) a depuis longtemps perdu ses troupes et ses idées. Mais pas ses subventions.


« L’UNEF perd peu à peu contact avec la masse des étudiants, et l’organisation dépérit lentement. Paralysée financièrement […], lieu d’affrontements de groupuscules politiques », l’Union nationale des étudiants de France (UNEF) demeure néanmoins « au carrefour de tous les foyers d’agitation du monde étudiant ». Ces lignes décrivent la situation du syndicat en… 19681. Victime de schismes en cascade, au sujet de la guerre d’Algérie puis de l’adhésion au marxisme, l’UNEF était déjà en crise il y a cinquante ans. L’organisation a ainsi vu ses effectifs fondre de 80 000 adhérents dans les années 1950 à 20 000 en 1968. Elle en revendique aujourd’hui 19 000, alors que le nombre d’étudiants a décuplé. Son effectif est passé d’un étudiant sur deux en 1956 à moins d’un sur cent en 2018 (0,8 %).

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L’UNEF est encore le deuxième syndicat étudiant de France, derrière la FAGE, mais avec une participation dérisoire aux différentes élections qui mesurent la représentativité : 7,1 % en 2017 pour désigner les délégués du Conseil national des œuvres universitaires (Cnous), soit dix fois moins qu’aux élections de 1973 (71 %). À Nanterre, ex-bastion syndical, 2 % des inscrits ont voté en 2015…

Tous les observateurs s’accordent à dire que le noyau actif de l’

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Causeur #57 - Mai 2018

Article extrait du Magazine Causeur

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