Comme le souligne spirituellement la presse américaine, la chute du « roi David » ( il portait déjà ce surnom avant même de succomber à sa Bethsabée) n’a certainement pas fait que des affligés à la Maison Blanche. Avec sa démission de la CIA, le plus illustre successeur d’Allen Dulles (connu pour sa vie sexuelle dissipée) tourne définitivement la page de l’ère Bush. On imagine la satisfaction d’Obama et la jubilation de ses partisans.

Et pourtant, David Petraeus , surnommé « le professeur de guerre » par Vanity Fair, avait l’étoffe d’un Patton ou d’un Eisenhower. Ce qu’il a réussi en Irak, personne ne le croyait possible. Et son manuel sur la Contre-Insurrection (sa lecture est un régal) demeurera un des grands classiques de la stratégie militaire.

Par ailleurs, David Petreaus, très populaire aux États-Unis, ne cachait ni son ambition présidentielle, ni ses affinités avec les Républicains. Sa fin est d’autant plus pitoyable : « J’ai fait preuve d’un manque de jugement et d’un comportement inacceptable à la fois comme époux et comme patron de la CIA « . Exit le roi David.

Une question taraude cependant les Américains …. tout au moins les plus réservés à l’égard d’Obama : le général Petreaus ne serait-il pas tombé dans un piège tendu par le Président avec l’aide du FBI – tout comme Herman Cain, le sympathique candidat républicain, avant lui ? Mêmes méthodes, mêmes résultats. La plus petite entorse à ce qu’on appellera par dérision « la morale sexuelle » est immédiatement portée sur la place publique, gobée par les gogos et sanctionnée.

On évoque souvent l’Amérique des années cinquante (celle de Dulles précisément) comme une Amérique ultra-puritaine. Que dire alors de celle d’Obama ? Une décontraction affichée se révèle souvent plus impitoyable qu’un respect apparent des principes.

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