« L’histoire entière du Reich millénaire peut-être relue comme une guerre contre la mémoire », affirmait Primo Lévi dans Les Naufragés et les rescapés. Le dernier recueil d’essais du sinologue Simon Leys, Le Studio de l’inutilité, confirme ce dont on avait l’intuition depuis longtemps − et ce que lui-même démontrait déjà dans son célèbre essai, Les Habits neufs du président Mao (1971) : que sur ce plan, le nazisme n’est pas un cas à part, et que l’amnésie obligatoire est au fond inhérente au totalitarisme, qu’il soit ancien ou moderne, occidental ou asiatique.

Simon Leys, Le Studio de l’inutilité, Flammarion, 2012.

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