J’ai eu, naguère, de l’amitié et de l’estime pour Michel Taubmann, croisé à Arte et à la défunte revue Le meilleur des mondes dont il fut le directeur de la rédaction. C’est un garçon attachant, plein d’allant et d’énergie, un peu brouillon peut-être, mais qui a le talent de rassembler autour de lui, dans un projet collectif, des gens connus pour leur ego surdimensionné et leur caractère impossible. Le malheur voulut qu’un jour, il se prenne de passion pour un homme qu’il pensait destiné à occuper la plus haute charge de la République. Il en fit le siège jusqu’à ce dernier lui fit l’aumône de le choisir comme l’un de ses grognards dans la grande armée de la com’ strausskahnienne. Affectation : biographe. Mais Waterloo survint en sautant la case Austerlitz : la parution de l’hagiographie signée Taubmann coïncida avec un incident survenu dans la suite 2806 du Sofitel de New York.

Il en faut pourtant plus pour qu’un vrai grognard pose sa giberne et aille tristement jouir de sa demi-solde au fond de sa province. La garde meurt, mais ne se rend pas !

Taubmann, sabre au clair, mène à nouveau la charge pour défendre son héros terrassé, dans un nouveau livre suggérant que ce dernier est la victime simultanée de sa libido « stupide » et d’une machination diabolique montée dans des boutiques obscures. Et de comparer la vie sexuelle de l’ancien directeur du FMI à celle « d’un notable de province ». Il est grand temps de mettre le caporal Taubmann aux arrêts médiatiques, ne serait-ce que pour le protéger de la vindicte de ces milliers de notables de province qui se contentent de tromper très épisodiquement leur épouse avec une militante de rencontre…

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