L’éviction de l’islamiste Mohamed Morsi, premier président égyptien élu dans les règles, a fait bien des heureux, et pas seulement à l’Obs, dont le directeur de la rédaction nous expliquait mercredi en direct sur Itélé que le coup d’Etat militaire était en fait une révolution démocratique. À l’ouest d’Aden, chez les derniers dirigeants arabes qui résistent encore et toujours à la vague démocratique, on applaudit des deux mains la destitution d’un membre de la confrérie, ennemie intime des vieilles monarchies conservatrices comme des régimes républicains baasistes.
En abandonnant son fauteuil présidentiel, Morsi aura au moins accompli ce prodige : faire parler d’une même voix le roi d’Arabie Saoudite et le président syrien. Abdellah comme Bachar Al-Assad se réjouissent en effet publiquement du limogeage de Morsi, pendant que, d’Ankara à Tunis, les lointains cousins des Frères égyptiens balisent sérieusement. Assad s’est même fendu d’une interview maison dans le quotidien As-Saoura (La Révolution) où il décrète la « mort de l’islam politique ». Rien que ça ! « Le peuple syrien, sa direction et son armée expriment leur profonde admiration pour le mouvement national et populaire en Egypte qui a conduit à ce grand accomplissement » enchérit le communiqué officiel de Damas, qui n’aime rien tant que les révolutions hors de son sol.
Du côté de Riyad, on glorifie avec bonheur l’éjection d’un disciple d’Al-Banna, contempteur historique de la démocratie comme de la dynastie wahhabite, dont les diatribes enflammées séduisent certains jeunes saoudiens rêvant d’en découdre avec leurs aînés.
À l’armée égyptienne, Assad et Saoud disent donc au revoir et Morsi…

Lire la suite